Jack Johnson peut prendre sa retraite et surfer paisiblement sur ses vagues. Jason Mraz se propose de prendre la relève avec ce disque doucement funky !
Si vous n’avez pas un adolescent à coté de vous, vous aurez du mal à connaître le gentillet Jason Mraz, adepte d’un folk décontracté et moderne (tourné vers les ondes FM). Mraz fait penser à un barde un peu glandeur, un peu doué, un peu fatigué de naissance.
Après deux albums sympathiques, il réussit enfin à percer avec son tube planétaire, I’m yours. Vous auriez pu penser qu’il s’agissait de Jack Johnson mais non, c’est Jason Mraz, avec chapeau et guitare.
Le troisième album de Jason Mraz a donc des visées internationales et cela se ressent. C’est très soft et très chaleureux. Si vous trouviez Jack Johnson un peu fadasse, là, vous pourrez accuser Mraz de transparence.
Heureusement le bonhomme aime beaucoup le funk et en applique un peu dans ses morceaux tout ronds et souriants. Ca ne gesticule pas inutilement !
Il chante bien. Il voudrait nous faire danser comme aux grandes heures de la Motown. Il vole effectivement une soul claire et chatoyante. Make it mine et Butterfly sont des tubes veloutés et efficaces, tout en cuivre ! Moins forcené que Jamiroquai, le funk de Mraz emprunte aux plus grands.
Hélas, il se perd aussi dans des chansons si mignonnes qu’un bisounours aurait pu les écrire. On aurait presque envie de les écouter en chevauchant des petits poneys. Jason Mraz a sûrement du talent mais il est sans grande nuance.
Donc l’ensemble est très pop-rock. Les radios vont pouvoir puiser quelques tubes pour les faire tourner des mois sur leurs platines. Les adolescents pourront s’épuiser sur ses chansons trop irréprochables et trop calibrées.
Comme on l’entend si bien dans un film culte : je n’aime pas dire du mal des gens mais c’est vrai qu’il est gentil !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 16/01/2009