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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 We need to talk about Kevin

We need to talk about Kevin

Lynne RAMSAY

Avec Tilda Swinton, Ezra Miller, John C Reilly et Jesper Newell - Diaphana - 28 septembre 2011 - 1h50

Et ta critique ?




2 films sur la maternité sortent cette semaine: le baby blues est coriace dans le drame terrifiant de Lynne Ramsay. Femmes enceintes s'abstenir!


Une femme obtient un travail médiocre mais on devine une illumination sur son terne visage lorsqu'on lui annonce qu'elle commence lundi. Eva a le sourire mais une passante s'arrête dans la rue pour lui mettre une claque.

Qu'a fait cette femme pour que tout le monde la regarde de travers? Pourquoi ses voisins l'épient et jettent de la peinture rouge sur sa maison? Pas de suspense: son fils, Kevin, a tué plusieurs personnes de son lycée.

La découverte de cette tuerie hante Eva. Son passé la ronge. Ses erreurs sont nombreuses pour qu'elle soit désormais la mère d'un monstre sanguinaire de 16 ans à peine. Son existence est brisée. La brillante reporter new-yorkaise n'est qu'une ombre terrifiée... Eva vit dans la culpabilité et ne comprend pas l'étrange personne qu'elle a mise au monde...

Car son fils a rapidement fait preuve d'un vilain caractère à son égard. Vicieux, il est tendre avec son père et ne laisse aucun répit à sa maman. Si vous avez des envies d'enfant, ne voyez pas ce film. Les enfants démoniaques sont des stars du cinéma fantastique mais ici, Kevin est placé dans un environnement normal. La réalisatrice fuit tout effet de terreur extraordinaire. A coup de petits détails, elle fixe la rivalité et la haine qui s'installent entre la mère et le fils.

Eprouvant, le film,  tout en flashbacks, surveillent ce duel intime et de plus en plus dangereux. Ce n'est plus de l'amour c'est de la rage. Pathétiques, les personnages arrivent à être touchants et mettent le spectateur mal à l'aise, toujours trop rapide dans ses jugements.

Le film interpelle. La réalisatrice en fait peut être un peu trop dans la symbolique et appuie sur certaines confrontations entre la mère et le fils. Pourtant son film pose une bonne question sur les racines du mal: qui est responsable? Peut on ou doit on porter les fautes des autres?

Le film aurait été plus fort avec plus de sécheresse et moins d'esbroufe visuelle, cependant il a le grand mérite de s'intéresser à un sujet rare: la maternité comme une malédiction... Tiens La malédiction, un autre film sur un enfant diabolique!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 04/10/2011