Ce documentaire édifiant sur l’industrie agroalimentaire n’échappe pas aux défauts du genre : manque de dynamisme, simplification et parti pris. Mais ces voix qui s’élèvent contre un monde en perdition doivent être entendues.
L’Europe produit plus qu’elle ne consomme et vend ses excédents dans les pays du Sud. Les pays du Sud vendent des récoltes aux pays du Nord à un coût plus intéressant pour le consommateur. Si ce paradoxe de l’économie de marché ne vous dérange pas, ce n’est pas la peine de continuer plus loin. A moins que la curiosité ne l’emporte et que vous vous demandez comment il est possible d’expliquer les famines dans des pays dont plus de la moitié de la population est paysanne, ou encore la possibilité de manger des fraises en décembre.
Composé de mini reportages façon Capital (musique d’ambiance et narration horripilante en moins), We Feed de World est inégal. Si certaines séquences n’apportent pas grand-chose vu leur longueur, le documentaire comporte des petites perles qui marqueront les esprits.
Globalement, le film est plus un outil pédagogique dans la lignée des documentaires classiques qu’un divertissement intellectuel savamment mis en scène comme les films de Michael Moore ou celui d’Al Gore, Une Vérité Qui Dérange. Doté d’indéniables qualités, il aurait tout à fait sa place dans les établissements scolaires à condition d’avoir une lecture objective.
Car c’est là que le bas blesse. Même si les arguments avancés sont tout à fait justes, les coupables dans ce film semblent absents ou transparents. Cela est d’autant plus dérangeant que les coupables, c’est aussi nous, les consommateurs. De plus, seuls les constats sont dressés et aucune solution ne semble exister à la fin de la projection, plongeant le spectateur dans la déprime la plus totale.