Avec Patrick Wilson, Malin Ackerman, James Earle Haley et Billy Crudup - Paramount - 4 mars 2009 - 2h43
Et ta critique ?
En période de crise, on a les super héros que l’on mérite. Les justiciers broient du noir. Après 300, Snyder continue d’adapter des " romans graphiques " percutants ! Le dvd est indispensable...
Le Comédien est allé au Vietnam pour défendre la patrie. Masqué, il fait régner la terreur pour le bien de la société américaine. Le cigare au bec et la sulfateuse à la main, il a plus l’air d’un psychopathe qu’un super héros. On apprendra plus tard qu’il a violé une de ses collègues justicières. Classe !
Ce n’est pas fini. Le hibou est devenu un type grassouillet sans charisme. Ozymandias a commercialisé sa carrière de héros au point de devenir un milliardaire détaché de tout. Rorschach se comporte comme un sociopathe. Enfin Le spectre soyeux ne se supporte plus son compagnon le docteur Manhattan, seul véritable personnage aux pouvoirs extraordinaires.
Au point d’avoir changé le cours de l’histoire ! Victime d’une expérience nucléaire, ce héros tout bleu et tout nu a calmé les ardeurs atomiques des Russes, qui voit en lui un danger ultime. Par sa présence, la guerre de Vietnam a été gagné et Nixon remporte en 1985 son troisième mandat.
Les super héros ne sont qu’un lointain souvenir, remercié par une société ingrate. Lorsque le Comédien est assassiné, ils reprennent du service pour mettre à jour un complot spectaculaire et bravent l’interdit d’exercer leur profession masquée.
Pour retrouver leur efficacité d’antan, les justiciers vont dérouiller. Fidèle à la bande dessinée, Zack Snyder a conservé toute la noirceur et la charge politique très dure à l’égard des Etats Unis.
La fiction trouve un écho avec la réalité. Mais Watchmen reste d'abord une entreprise de démolition autour du super héros. C’est un spectacle fascinant à force d’accumuler les angoisses existentielles de quelques héros en apparence irréprochables.
Les flashbacks creusent les douleurs et les dangers d’une carrière de redresseur de torts. On appréciera tout particulièrement la paranoïa de Rorschach, asocial ultra violent adepte de la justice punitive. Comme la bédé, le film prend son temps pour développer ses personnages.
C’est assez rare pour être apprécié. Cela risque de dérouter certains mais on reste admiratif devant la volonté de Snyder de prendre le spectateur à revers. Il s’attaque à tous les stéréotypes du genre. Batman avec sa schizophrénie, c’est Casimir sur l’Ile aux enfants.
Le film ressemble beaucoup à une réflexion sur la terreur, celle qui a hanté notre début de siècle, après la date fondatrice du 11 septembre. Les zones d'ombre sont explorés avec une virtuosité rare.
Le réalisateur use et abuse des effets qui ont fait le succès de 300 (ralentis appuyés, musique omniprésente) mais il ne dénature jamais la bédé qu’il adapte. Complexe, brutal, exubérant, parfois grotesque, Watchmen enterre Superman et tous les héros positifs en collants. Comme après la lecture du comics, il pourrait avoir un avant et après Watchmen au cinéma !