RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Waste Land

Waste Land

Lucy WALKER et Vik MUNIZ

Eurozoom - 23 mars 2011 - 1h38

Et ta critique ?




 

Trois ans de la vie de l’artiste brésilien contemporain Vik Muniz : le temps d’un projet artistique et humain bouleversant restitué avec beaucoup de sensibilité par Lucy Walker.




Vik Muniz, n’est pas un simple artiste, c’est un destin. Un destin qui l’a fait naître il y a 50 ans dans un quartier modeste de Rio d’où il ne serait jamais sorti si une balle perdue ne lui avait pas traversé la jambe alors qu’il tentait de s’interposer dans une bagarre qui tournait mal. Le tireur, riche et pris de remords, l’indemnisa généreusement et Muniz utilisa cet argent pour s’envoler vers New York, la vie d’artiste qu’il se rêvait et le succès qu’il devait y rencontrer.

Avec ce documentaire, Lucy Walker s’attache pendant trois ans aux pas de Vik Muniz qui le conduisent à Jardim Gramacho, en banlieue de Rio de Janeiro. Dans ce qui est considéré comme la plus vaste décharge du monde, il retrouve son Brésil natal pour un projet artistique inédit : aller à la rencontre des « catadores » (les ramasseurs de déchets recyclables), les photographier dans des mises en scènes de leur choix et recomposer ces photographies à partir d’objets et matériaux rescapés des poubelles.

Grâce à son immersion dans la durée, Lucy Walker réussit à capter la double dimension de ce projet. D’abord artistique (et rien ne manque du travail de l’artiste, de l’élaboration à la réalisation), il se double peu à peu d’une dimension humaine bouleversante.

Tout au long de sa période de repérage, Vik Muniz croise la route de personnages incroyables aux trajectoires insensées, à la fois profondément blessés par la vie et d’une force inébranlable… en apparence. Car, intégrés au projet et confrontés à sa réalisation, ils seront tous, à un moment ou à un autre, submergés par leur sensibilité refoulée.

Ces moments dramatiques et pleins d’espoir sont au cœur du documentaire de Lucy Walker et de l’œuvre réalisée à cette occasion par Vik Muniz. Vente aux enchères à Londres, vernissage au Musée d’Art Moderne de Rio… un autre monde s’ouvre aux « catadores » de Jardim Gramacho. A la suite de cette expérience « traumatisante », la plupart quitteront la décharge comme Muniz lui-même avait quitté Rio trente ans plus tôt. Une belle réflexion sur la responsabilité de l’artiste envers son environnement et sur l’idée utopique qu’une œuvre peut parfois changer une vie.


Jo Brumaire

© Etat-critique.com - 06/04/2011