Avec Michael Douglas, Charlie Sheen, Martin Sheen et Daryl Hannah - 20th Century Fox - 1987
Et ta critique ?
Je ne sais pas si c’est inquiétant ou rassurant, mais ce film d’Oliver Stone nous prouve que depuis 1987, tout a changé et tout est pareil.
Wall Street, aujourd’hui comme hier est le temple du capitalisme et de la spéculation. Les traders, aujourd’hui comme hier cherchent à faire du fric en dehors de toute considération morale.
Les entreprises, aujourd’hui comme hier sont rachetées et dépecées sans remord pour le plus grand profit de quelques-uns uns.
Ce qui a changé, par contre, c’est la chemise rayée bleue avec col et poignets blancs de Michael Douglas, c’est le téléphone portable de Charlie Sheen qui doit peser environ 3 kg, ce sont les computers préhistoriques des salles de marchés qui affichent péniblement leurs cours en vert fluo sur écrans noirs, ce sont les tenues branchées ridicules de Daryl Hannah en décoratrice tendance.
Cependant, pour ce film finalement assez ambitieux, Oliver Stone a soigné le scénario et choisi ses acteurs avec minutie, poussant le souci du détail jusqu’à faire interpréter le rôle du père de Charlie Sheen par… Martin Sheen.
Et si les éléments extérieurs (décoration, mode vestimentaire, tics de langage) ont plutôt mal vieilli, l’analyse précise que Stone fait de la Bourse, de l’affairisme, de la bulle spéculative a conservé toute son actualité.
Charge virulente contre le capitalisme sauvage, Wall Street (à la différence de sa suite) est aussi instructif qu’un grand reportage d’Envoyé spécial mais interprété avec plus de talent. Quinze ans après sa sortie, Wall Street reste un très bon film, le meilleur peut-être d’Oliver Stone.