Moby est New-Yorkais et ça se sent. L’atmosphère unique de Big Apple transpire dans son 9e album studio. Sombre, planant avec des synthés qui trainent, des chœurs venus d’ailleurs…
On ne change pas une équipe qui gagne. C’est sûrement ce que le multi-instrumentistes a dû penser en concevant cet opus qui rafraichira un été probablement caniculaire. Si Play a fait de Moby une star planétaire, Wait for me semble plus confidentiel.
Sur Shot in the back, la guitare électrique s’invite. Mais attention, Richard Melville Hall (dans le civil) ne va pas brusquer son auditoire. Une fois de plus, c’est tout en douceur qu’il gagne notre confiance. Calfeutré dans son studio, cet album homemade s’est construit hors des pressions et circuits commerciaux. Comme le confirme l’interlude Stock Radio aux sonorités d’une noirceur folle.
De jolis duos aussi : Mistake, chanson imploratrice d’un amoureux à sa mie de ne pas le quitter. Quant à Pale Horses, avec la voix de son amie Amelia, ça vous rentre dans la tête tel un bon vieux tube en devenir qu’est ce titre.
Ce qui fait la force de Moby, c’est incontestablement sa faculté à choisir ses chanteuses. La voix christique sur Jlft parle des junkies. A ce propos, Moby explique qu’il faut arrêter de diaboliser les drogués, même s’il reconnaît avoir peur des drogues dures. « Mes amis sont tous des junkies, c’est devenu normal, ce n’est même plus bizarre, ce qui en soit est très bizarre. »
Pas radin le Moby, 16 chansons dont deux interludes. Des instrus (Scream Pilots) rappellent des albums précédents, notamment 18. Mais on sent une touche plus intimiste dans son travail.
Un petit extraterrestre regardant la lune orne la pochette de "Wait for me".
A ce moment, on n’a plus de doute : Moby nous vient d’une autre planète musicale. Et pour l’espèce humaine, gageons qu’il y reste.