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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Wackness

Wackness

Jonathan LEVINE

Avec Josh Peck, Ben Kingsley, Olivia Thirlby et Famke Janssen Bac films – 24 septembre 2008 – 1h40

Et ta critique ?




Film fiévreux sur New York, Wackness diffuse une belle mélancolie qui parfois hélas s’étire jusqu’à l’ennui. Heureusement le tour opérator, enfumé et amical, permet une visite apaisée du cinéma indépendant.


Le héros deale de l’herbe dans un triporteur au cœur de New York. Dans son véhicule, il y a énormément de marijuana. Le maire Rudolf Giuliani vient tout juste d’être élu. Sa promesse de tolérance zéro n’est pas encore une réalité.

Alors Luke Shapiro se promène en ville pour se faire de l’argent l’été. Il vient d’être diplômé. Comme ses parents sont au bord de la ruine, il fait dealer comme job d’été. Il se surprend d’ailleurs à vendre de la drogue à son psy, le docteur Squires, un type finalement aussi paumé que Luke.

Ce dernier est amoureux de la belle fille du bon docteur. Les deux hommes se découvrent beaucoup de points communs et ensemble, ils vont se sortir un peu la tête hors de l’eau.

Comme nous sommes dans le New York du début des années 90, cela se fait une folie existentielle semble habiter Manhattan. Luke souffre de ne pas être aimé. Le docteur est rongé par la solitude. Ensemble, ils vont faire les 400 coups dans une ville îvre. On pense à Brett Easton Ellis, à Larry Clark ou encore Las Vegas Parano.

Nos héros, déviants et dépressifs, vont découvrir les vertus de l’amitié et retrouver un semblant de raison. En gros, Wackness, c’est Will Hunting avec beaucoup de drogues et de chaleur.

New York, cité délirante, est un décor fantastique. Le réalisateur frotte sa caméra au bitume, au gigantisme et aux excès de la ville. Nostalgique, Jonathan Levine filme avec gourmandise New York, cauchemar urbain où les fous se sentent bien.

De Wackness, on ressent une nostalgie pour cette période où les marginaux (Kurt Cobain vient de mourir) pouvaient être des héros, des stars et des gens finalement lucides. Le rap sortait de la rue et non de maisons de disque cyniques.

Le film offre une magnifique balade à travers un temps oublié et peut être honteux. On s’y attarde peut être un peu trop à cause d’une histoire d’amour un peu téléphonée (et des acteurs qui en font un peu trop) mais la passion du cinéaste pour ce décor unique et plus que connu par les cinéphiles, propose une excursion exotique.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 30/09/2008