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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 W, l'improbable président

W, l'improbable président

Oliver STONE

Avec Josh Brolin, Richard Dreyfuss, Elizabeth Banks et James Cromwell - Metropolitan Filmexport - 29 octobre 2008 - 2h

Et ta critique ?




Bavard, le nouveau film d'Oliver Stone évite soigneusement la polémique. Moins inspiré depuis quelques années, le cinéaste réalise un film maladroit mais de nouveau culotté.  

Franchement, après World trade center, on pensait avoir perdu Oliver Stone. Fini le réalisateur énervé, ancien du Vietnam et moralisateur surexcité par toutes les énormités de la politique américaine. Depuis Alexandre, Stone n'a plus la flamme et le goût de la querelle.

C'était donc une bonne nouvelle de le retrouver à la réalisation de W, film sur l'actuel président des Etats Unis. Après JFK et Nixon, la place présidentielle revenait sur le tapis d'un cinéaste, obsédé par le pouvoir et ses responsabilités.

Il fait rarement dans la nuance mais Stone a toujours cherché les embrouilles avec les polémiques et les grandes erreurs de la politique. George W Bush a commis de nombreuses bourdes.

Certaines font rigoler tellement le personnage est balourd. D'autres sont affreusement graves. Stone observe donc cet homme du Texas perdu dans les enjeux économico-stratégiques.

Il nous explique comment cet alcoolique est devenu le président des Etats Unis et le responsable d'une guerre inutile. Hélas, la densité du sujet coince le réalisateur à filmer de longues discussions entre Deubeuliou et ses ministres douteux. Les flashbacks montre les nombreuses disputes entre Junior et papa Bush, qui supporte mal le manque d'ambition.

Très vite, cela devient répétitif et Stone n'arrive pas à retrouver sa grande virtuosité narrative. Les acteurs imitent parfaitement les hommes politiques mais débitent des kilomètres de dialogues explicatifs pour que le spectateur comprenne les enjeux, déjà bien développés dans la presse.

Le problème du film c'est donc ce manque de recul avec l'histoire. Stone n'éclaire pas vraiment le spectateur. Il confirme ce que l'on sait déjà: Deudeuliou n'est pas une lumière, tout juste un brave type, rustre et mal aimé par un père aristocratique.

On s'amuse un premier temps de cette imitation de la réalité par l'art. C'est assez osé. Mais le scénario ne parvient pas à libérer une certaine ampleur, qui fait forcément du bien à Oliver Stone, à l'aise dans la grandiloquence. Ici, les grands discours (belliqueux de l'administration Bush) ne font pas les grands films!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 14/11/2008