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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Vsprs

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Alain PLATEL

jusqu'au 27 octobre - Théâtre de la Ville - 2, place du Châtelet - Paris

Et ta critique ?




Alain Platel et le Ballet C. de la B. s'inspirent des films du Dr van Gehuchten (un neurologue qui filmait les crises hystériques de ses patients) pour se livrer à un travail chorégraphique sur la folie. Platel cherche en parallèle à bouleverser les conventions et assume pleinement un côté kitch et trash. Pleinement ? Un peu trop même !


Tout commence par un accord parfait joué par un orchestre baroque ; mais très vite, la guitare électrique et la batterie s'imposent et transforment la musique classique en un Rondo Veneziano post-rock saturé et inaudible. Le ton est donné d'emblé: montrer que tout peut basculer, que l'harmonie peut se transformer instantanément en cacophonie, qu'une vie parfaitement rangée peut sombrer dans la folie.
 
L'idée forte de Platel est de mélanger les genres: musique baroque et rock, danseurs et contorsionnistes de cirque, mouvements dansés et transes convulsives, trash et respectabilité du Théâtre de la Ville.
 
Au départ, on se délecte de ce mauvais goût jubilatoire et assumé. On s'amuse, comme un petit enfant est fier de venir parler de son caca devant le patron que Papa a invité à dîner. D'ailleurs, une danseuse au fort accent belge nous gratifie d'un poème naïf: "J'ai composé un poème. J'ai composé un poème...sur le caca".
 
Sauf qu'à trop vouloir flirter avec le mauvais goût on finit par tomber dedans (diva anorexique trash, danseuse Barbie grunge, orchestre en costume blanc comme dans les soirées d'Eddy Barclay...)!
 
Il est vraiment dommage que Platel se sente obligé de répéter sans cesse les choses pour mieux enfoncer le clou. On citera par exemple les transes collectives qui paraissent interminables (et qui doivent être particulièrement éprouvantes pour les danseurs!). Ainsi, on est vraiment soulagé lorsque s'arrête enfin la très longue séance de masturbation collective sur fond de Magnificat (certains spectateurs ne peuvent d'ailleurs réfréner un grand "ouf!" de soulagement!).
 
Il faut néanmoins reconnaître qu'il y a des trouvailles drôles, et que certains solos sont très beaux et émouvants. On est par exemple touché de voir l'un des danseurs pris de soubresauts, comme s'il était atteint du syndrome de la Tourette. On ressent alors l'angoisse que l'on doit ressentir lorsque le corps et l'esprit n'obéissent plus.
 
Au final, le spectacle est vraiment très inégal, et l'on regrette sincèrement que Platel ne se concentre par sur la danse, car lorsque la danse est présente elle fait mouche !


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 25/10/2007