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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Woody ALLEN

Avec Naomi Watts, Anthony Hopkins, Josh Brolin et Antonio Banderas - Warner Bros - 6 octobre 2010 - 1h39

Et ta critique ?




Acide, cruel, Allen déprime avec une verve toujours enthousiaste. Pas le meilleur Woody mais encore un bon film!


Le jeune Canadien Xavier Dolan nous offrait, avec Les amours imaginaires, une belle fantaisie sur l’amour et ses illusions! Woody Allen, au crépuscule de sa vie, s’amuse lui aussi de ce drôle de sentiment qui fait faire n’importe quoi à des personnes en apparence respectables.

Une nouvelle fois exilé à Londres, le binoclard new-yorkais observe Helena et Alfie. A 70 ans, ils se séparent. Elle déprime, se plaint de son sort et croit aux prophéties d’une voyante qui ne dit rien sur la consommation abusive de scotch de sa cliente. Elle est persuadée de rencontrer un homme à nouveau.

De son coté, Alfie (gourmand Anthony Hopkins) décide de tout faire pour rajeunir et faire fonctionner à plein régime « ses gènes ». Il veut fonder de nouveau une famille et avoir un garçon. Il est convaincu de refaire sa vie avec Charmaine, une cousine lointaine de la Maudite Aphrodite, grand succès de Woody Allen. La ravissante idiote devrait raviver la flamme du vieux bourgeois.

Les seniors semblent un peu paumés. Ce n’est pas mieux pour la génération en dessous. Sally (toujours impressionnante Naomi Watts)la fille d’Helena et d’Alfie a une vie de couple morose avec Roy. Obligée de travailler, Sally craque secrètement pour son patron, un directeur de galerie d’arts.

Roy, de plus en plus sûr d’être un écrivain raté, se console auprès de sa charmante voisine, Dia. Le hasard va lui jouer alors un drôle de tour alors qu’il pensait que tout s’effondrait à commencer par son mariage…

C’est le Woody Allen grand fan de Bergman que l’on retrouve dans ce nouveau film. On rit beaucoup moins que dans Whatever Works. La tragédie se planque dans des scènes de ménages drôles ou pathétiques.

Les petites misères, les bassesses honteuses, les renoncements sourds ou les grandes lâchetés, on trouve de tout dans cette demi douzaine de personnages manipulés par un destin capricieux et pas avare en coups bas.

Cela pourrait être désespérant si ce n’était pas joliment filmé et écrit avec un second degré dévastateur. Petit théâtre cruel des sentiments (sauvé in extremis par une dernière scène tout mignonne), le film passe son temps à contredire avec un humour fin les héros, perdus dans leurs désirs. Habile, Woody Allen a le regard toujours aussi vif pour démonter la triste mécanique des cœurs.

Ce n’est pas nouveau dans l’œuvre de Woody Allen cependant ses rendez vous galants et loupés ne manquent pas de charme, d’élégance et de profondeur. Vous allez rencontrer un bon film…



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 15/10/2010