Il y aura toujours des personnes qui détesteront Coldplay et d’autres qui défendront le groupe anglais. Ce quatrième album ne devrait pas faire évoluer les choses. Malgré la présence remarquée et remarquable de Brian Eno.
Chris Martin a de la chance. Il a du charisme sur scène. Il est à la tête d’un groupe qui devrait remplacer à terme U2 ou REM. Il a une femme magnifique, Gwyneth Paltrow et en plus, il défend toutes les bonnes causes avec passion. Il est écolo, milliardaire et n’aime pas la guerre.
Véritable tête à claques, Chris Martin a aussi du talent. Il sait écrire des chansons avec ses trois copains qui font toujours la tronche. Il sait composer des hymnes pour grandes salles et stades. Il place là où il faut de l’emphase et des solos de piano qui feront pleurer les minettes. Bref, Coldplay est une machine de guerre pour les ondes FM et le dernier bastion solide d’un commerce malade.
La compagnie EMI avait tout parié sur ce quatrième album. Elle a eu raison : le disque se vend comme des petits pains. Comme si la crise du disque n’existait pas pour le quatuor. Est ce que c’est mérité ?
Ce qui est justifié, c’est la présence du vénérable Brian Eno en tant que producteur et guide vers quelques variations sonores. Comme il a su faire avec U2 dans les années 80, le créatif musicien (découvrez absolument Apollo atmospheres & soundtracks) ouvre les portes de l’expérimental à un mammouth de l’industrie.
Il ne les enfonce pas dans l’ambient ou des sons désincarnés. Par petites touches, l’ancien musicien de Roxy Music décompose les tics musicaux de Coldplay. Il ne déforme jamais leur envie mais ajoute des sons que l’on ne connaissait pas.
Jamais Chris Martin et ses camarades se renient. Le disque est un vrai album de Colplay avec morceaux entêtants et hits imparables. On appréciera néanmoins le premier titre, instrumental, qui impose donc une rupture dans l’œuvre général du groupe.
On s’amuse d’entendre des chansons moins structurées où le chanteur se sent plus libre. Viva la vida remplit son rôle de blockbuster du disque tout en révolutionnant (très) doucement le style.
Les détracteurs trouveront cela futile et fatigué. Les fans seront comblés. Brian Eno prouve encore qu'il est l’un des artistes les plus intéressants de son temps !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 25/08/2008