Un petit livre joliment raconté et illustré avec talent, mais qui véhicule vraiment trop de tristesse et de pessimisme concentrés…
Violette est une petite fille qui, quand elle est triste, pense qu’ailleurs c’est toujours mieux. Il lui suffit de s’asseoir sur les marches de l’escalier, ou de s’installer à sa fenêtre pour qu’elle s’enfuie « ailleurs », accompagnée d’amis croisés dans son imaginaire…
Cet album est un peu déprimant ! Violette a l’air bien seul, elle vit dans une ville bien sombre, et sa « quête initiatique et poétique » est bien difficile.
« Au secours », « raté », « tu me fais mal », « je me sens seule », « ne me laisse pas tomber », « m’a laissé sur le carreau », sont autant de mots et d’expressions employés par Violette. Si à 5 ans, elle est déjà dans cet état psychologique, comment vivra-t-elle son adolescence !?
C’est vrai, Paule du Bouchet écrit très bien, utilise les expressions des enfants dans leurs jeux, joue avec les mots, les rimes, c’est vrai ! C’est vrai aussi, les illustrations de Natali Fortier sont intéressantes, intégrant à merveille le texte, nous emmenant dans le rêve éveillé de Violette, en compagnie de drôles de bestioles, c’est vrai ! Mais que c’est triste ! Heureusement que la fin donne une once d’espoir !
En gros, si vous n’avez rien à proposer à votre enfant, que ce dernier est heureux de vivre (voire trop), vous pouvez lui lire cet album. Si au contraire votre petit n’est pas en grande forme, soit vous pariez que ce livre le fera parler, soit vous préférez faire un saut chez Mac Donald après être allé voir les aventures de Winnie L'Ourson au cinéma !
Antoine Bouchon
© Etat-critique.com - 11/06/2011