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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Vicky Cristina Barcelona

Vicky Cristina Barcelona

Woody ALLEN

Avec Scarlett Johannson, Javier Bardem, Penelope Cruz et Rebecca Hall - Warner bros - 8 octobre 2008 - 1h37

Et ta critique ?




Entre Oviedo et Barcelone, entre flamenco et hystérie, entre brune et blonde, un film qui balance et nous berce agréablement.

Avec Vicky Cristina Barcelona, Woody Allen trempe sa mélancolie et son scepticisme sur le genre humain dans un bain de jouvence où les guitares flamenca sont capables de vous donner la fièvre au corps.

En effet, le film baigne dans des lumières chaudes rouges ou jaunes dont la sensualité finit par déteindre sur les personnages. Pas étonnant qu’on s’y embrasse, qu’on s’y étreigne beaucoup. A deux et même à trois.

Quand le film commence, deux amies viennent passer les mois d’été à Barcelone, dans la famille éloignée de l’une d’elles. Une voix off un poil haut perchée nous les présente. Il y a Vicky (Rebecca Hall), une belle brune filiforme dont la vie est bien sage et dont le mariage est imminent. Il y a aussi Cristina (Scarlett Johanson) qui, nous dit-on, ne sait pas ce qu’elle veut mais sait ce qu’elle ne veut pas.

Ces jeunes filles vont rencontrer un peintre décrit de façon assez cliché (il conduit des décapotables rouge et se déplace d’une ville à l’autre en avion) mais habité par la grâce et la testostérone de Javier Bardem, un grand acteur qui sait aussi être sensuel.

Et ce peintre va les initier aux jeux de l’amour et du hasard.  Chacune va voir ses plans bouleversés, ses croyances mises à mal.

Il faut évidemment ranger ce film dans la catégorie des contes moraux, où il rejoint Marivaux autant que Rohmer. Cela dit, le ton de cette comédie n’est pas drôle et finit plutôt par évoquer la vision pessimiste d’un Musset.

Comme le rythme du film n’est pas des plus trépidants, il y aurait beaucoup de raisons pour décrocher. Ces raisons ne sont simplement pas opérantes car Rebecca Hall ou Scarlett Johanson sont radieuses. Toutes deux merveilleuses actrices et personnages auxquels l’auteur donne une certaine consistance. Et la description de Barcelone même si elle tombe dans les lieux communs, donne envie de prendre un billet d’avion et de partir en Espagne, illico-presto.

C’est d’ailleurs un joli paradoxe : les personnages sont des clichés ambulants, les décors sont irréels et pourtant nous sommes étreints par les conflits intérieurs de ces donzelles.

Pour synthétiser notre opinion, ce Woody Allen est un petit cru mais il a du charme et sa morale est suffisamment équivoque pour ne pas tomber dans la banalité. Le cinéma, comme disait un autre cinéaste, c’est l’art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 14/10/2008