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Vendredi 25 Mai 2012Livre

 Vibrato

Vibrato

KENT

JC Lattès - 266 pages

Les commentaires

kent

Le 11/06/2007

Bonjour,
J'ai apprécié votre critique. Toutefois je me permets une précision quant au style direct que j'ai employé et que vous mettez en accusation. C'est un choix délibéré de ma part afin de correspondre au mieux à la pensée de Jacky Bonaventure, qui est le narrateur de l'histoire. J'avais commencé le livre dans un style plus littéraire, mais, très vite, je me suis rendu compte qu'il donnait, à l'usage de la première personne, un caractère prétentieux au personnage qui ne correspondait pas à sa psychologie.
Le livre aurait été écrit à la troisième personne, le langage eut été différent.
Croyez bien que je n'écris pas pour contenter uniquement les amateurs de mes chansons.

Cordialement
Kent

Et ta critique ?




Vibrato. n. m. Sur la guitare électrique, manette servant à tirer sur le chevalet afin de provoquer une ondulation du son, du simple trémolo à la plainte déchirante.


Placée en exergue du nouveau roman de Kent, cette définition tirée du Petit Robert contient dans leur intégralité les 266 pages qui suivent et les sentiments qui animent la longue quête de Jacky Bonaventure.

Avec son prénom gentiment ringard et son nom de famille franchement désuet, Jacky se classe incontestablement dans la catégorie des loosers. Et ce n’est pas son penchant pour la bouteille qui risque de le faire changer de catégorie.

Il fréquente pourtant le showbiz, Jacky. Enfin, il l’a un peu fréquenté. Et s’il bosse aujourd’hui pour une major company du disque, c’est en qualité, peu enviée, d’expert en exploitation du catalogue : "Mon boulot consistait à revaloriser archives sonores et fonds de tiroir en rééditions multiples et variées."

Et c’est justement pour ses qualités de "mémoire vivante de la musique rock" que le big boss le sort de son placard ce matin-là. Sa mission : retrouver Alex Elzen, ex-rockstar égarée, en vue de reformer un duo à succès des années 80. Il y a beaucoup d’argent à la clé, mais toute trace du bonhomme a été perdue…

C’est donc dans les pas d’un Jacky transformé en détective de fortune que Kent nous entraîne avec Vibrato.

Beaucoup de chaleur, beaucoup d’humour, beaucoup d’humanité surtout dans ce roman à hauteur d’homme, signé par une des personnalités françaises qui répond le mieux à ces mêmes qualificatifs.

Fondateur de Starshooter, né dans l'explosion punk en 1977, Kent s’est consacré, après la séparation du groupe en 1982, à la bande dessinée, à la littérature, à ses albums en solo et à l’écriture de chansons pour d’autres, au premier rang desquelles le Quelqu’un de bien (qui lui va si bien) interprété par Enzo Enzo.

Pourtant, si ses intentions de romancier sont louables, son style direct, proche du langage parlé, ne rend pas totalement justice à son héros au cœur tendre. Il permet toutefois une vivacité de récit et quelques trouvailles de langages tout à fait réjouissantes.

On réservera donc ce Vibrato sans temps mort aux admirateurs du touche-à-tout de génie plutôt qu'aux amateurs de lettres classiques.


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 08/06/2007