Courte lecture et grand plaisir!
Jean Louis Fournier a un style court. Incisif. Souvent puissant lorsqu'il aborde des sujets délicats. On voudrait bien l'engueuler pour lui dire qu'il se moque un peu de nous avec certaines de ses pages à peine remplies de lettres. Pourtant c'est cette économie qui fait la force de son oeuvre.
Avec Ou va t on papa, il nous brisait le coeur tout en nous faisant rire avec ses anecdotes sur ses enfants handicapés. Pudique et touchant, c'était une vraie lecture optimiste et pleine de vie. Il recommence aujourd'hui avec un sujet tout aussi dur: le veuvage.
Jean Louis Fournier a perdu sa femme, Sylvie. Soudainement. Il se retrouve seul avec des souvenirs et une très grande solitude. Le quotidien perd sa saveur et peut être son sens. Il est tout retourné et Sylvie se cache dans tous les gestes qu'il exécute.
Il raconte ces sensations amères. Il rappelle la foi en la vie que lui a donné Sylvie. Il rend hommage à leur aventure commune, leur rencontre, leur jardin... On voudrait lui dire que ces livres sont trop courts pour être honnêtes.
Il serait malhonnête de faire la fine bouche devant tant d'émotions, douces et aigres. Ami de Desproges, Jean Louis Fournier a l'art du second degré et de l'humour noir. Son sens de la dérision cache une tendresse presque poétique. On partage avec lui sa douleur et bizarrement une espérance incroyable.
C'est un livre chaleureux, humain et drôle. Fournier n'écrit pas grand chose, va à l'essentiel et il n'y a pas grand à dire sur le livre. C'est juste un vrai bijou, à conserver dans sa bibliothèque et retrouver quand rien ne va, quand les sourires se crispent... avec lui, contre toute attente, on gardera ce sourire.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 20/11/2011