Une blondinette californienne a le nez fin pour découvrir de sombres mystères. La ravissante idiote n'est pas celle que vous croyez. Cette série est saisissante de noirceur!
Dans les lycées californiens, on croise bien souvent des jolies cruches, des sportifs bas du front, des geeks maltraîtés, des profs dépassés et des histoires d'amour tartignolles ou des aventures bien proprettes et méchamment bien pensantes.
Les lycées dans les séries, c'est l'horreur! La bonne idée de Rob Thomas, ancien scénariste de Dawson, c'est d'avoir introduit un personnage complexe dans cet univers si fade et asceptisé par des chaînes souvent frileuses.
Veronica Mars est donc une jolie blonde mais surtout une curieuse enquêtrice, une Columbo au féminin qui aime bien les embrouilles et les histoires glauques.
Méfiez vous des apparences! Voilà ce que hurle cette série étrangement noire. Rapidement les meurtres, les viols et autres réjouissances se multiplient. La mignonne adolescente cache un redoutable flair.
La vie quotidienne gomme des zones d'ombre assez bizarres et déviantes. Les sourires virent à la grimace. Les attitudes sont trompeuses. La normalité des gosses du lycée et de leurs parents est trompeuse.
La série malmène les idées reçues et c'est assez jouissif. Dans sa structure, Veronica Mars est une version réaliste de Buffy. Comme dans la série de Joss Whedon, on sonde les frustrations des jeunes et des moins jeunes. L'adolescence est un grand sujet américain. Le succès récent de Twilight confirme cette tendance.
Veronica Mars, sur trois saisons, s'est offert un portrait angoissé de la jeunesse américaine, coincé dans le matérialisme et l'obligation de réussite, l'obsession de la réprésentation et la culpabilité du désir et du sexe.
On peut deviner tout cela dans les enquêtes assez ludiques, souvent bien écrites et qui s'embriquent parfaitement dans une plus grande intrigue, complexe, étiré sur toute une saison.
Noire, la série n'a jamais trouvé son public malgré une bonne presse. En suivant cette étudiante, vous verrez: les lycées américains sont de nouveau fréquentables.