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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Vanités

Vanités

Musée MAILLOL

Du 3 février au 28 juin 2010 Musée Maillol - 61, rue de Grenelle 75007 Paris

Et ta critique ?




 

La mort nous effraie et nous fascine. Depuis l'Antiquité, les artistes se sont emparés de ce thème. Le Musée Maillol propose de remonter le fil du temps des vanités.

 

On nous l'avait promis à grand renfort d'annonces spectaculaires et d'affiches tentatrices : la pièce maîtresse de la nouvelle exposition du Musée Maillol serait l'objet d'art le plus coûteux de tous les temps : le délirant crâne de diamants de l'extravagant Damien Hirst ! On y a cru très fort, on l'a attendu­ et il n'est pas venu. En lieu et place une pâle lithographie grisonnante bien loin de briller des mille feux de son original.

 

Funeste présage pour ce grand rassemblement hétéroclite qui se targue de balayer la thématique mortuaire sans oublier aucun genre ni aucune époque ? Non, fort heureusement. La déception passée, on se laisse captiver par la représentation multiforme du grand mystère de l'après qui se déploie sur les trois niveaux du musée parisien.

 

Prolongements artistiques de l'antique memento mori (souviens-toi que tu vas mourir), les cent soixante œuvres exposées montrent l'évolution des créations morbides jusqu'à leur regain contemporain.

 

Des mosaïques de Pompéi aux danses macabres médiévales, des peintres surréalistes du XXe siècle aux artistes du néo-pop art, chaque génération a pensé cette oscillation entre la présence et l'absence, la trace et l'oubli, le vide et le sacré, comme en témoignent ici Caravage, Zurbaran, Géricault, Cézanne, Ernst, Picasso, Warhol, Messager, Basquiat, Uklanski, Albérola ou Hirst.

 

Paradoxalement, cette procession de vanités, à force de vigueur artistique décomplexée, notamment pour les plus récntes, tend à éloigner la mort, ou plutôt à se la réapproprier pour mieux retrouver le cycle de la vie.

 

Retrouvez une 2ème chronique de l'expo ici


Jo Brumaire

© Etat-critique.com - 26/05/2010