D'une mosaïque de l'époque romaine jusqu'aux délires pas toujours lisibles de Damien Hirst, les squelettes hantent le musée Maillol !
Ce n'est plus une exposition, c'est un train fantôme! Le crâne d'Hamlet manque à l'appel de cette jolie collection de tristes natures mortes sur la Mort, justement.
La vanité est une oeuvre d'art qui s'arrête sur la condition humaine, souvent bien pathétique et dérisoire. Pour l'artiste, c'est le moyen de se confronter à la fatalité, au destin de l'Homme. Une vanité, ce n'est pas très drôle.
Mais appréhender la Mort d'une façon artistique donne une exposition plutôt baroque. Cette collection de squelettes et de têtes de mort est un joyeux foutoir qui nous fait remonter le temps.
La première salle réunit des oeuvres contemporaines. Parfois difficiles comme celles de Damien Hirst et ses crânes faits avec des mouches mortes. Cela donne aussi de très beaux tableaux, cruels mais étrangement vivants, colorés et touchants.
Ensuite arrive le cabinet des curiosités où l'on trouve des objets autour de la mort. On jettera un coup d'oeil amusé sur les anamorphoses et les cannes gothiques et macabres. Tim Burton aurait apprécié! Edgar Allan Poe doit hanter la pièce.
Ensuite il faut grimper au deuxième étage pour découvrir des photos contemporaines et des exercices plus périlleux comme des bagues pour hommes. La Mort aurait tendance à faire rire.
Puis on redevient un peu sérieux au premier étage avec des peintures classiques qui imposèrent la Vanité. L'apparition de la mort est nettement plus tragique et sombre. Cette histoire de l'art à travers la Mort est finalement ludique.
On sort de là avec le sourire.
Etrange contradiction qui fait tout le charme de cette exposition!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 31/03/2010