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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Valleys of Neptune

Valleys of Neptune

Jimi HENDRIX

(Legacy - 2010)

Et ta critique ?




Hendrix donne une leçon de rock'n'roll en direct du paradis. La méthode est douteuse mais le plaisir d'entendre la guitare d'Hendrix est immense !

Ca rend toujours triste ces albums posthumes. On leur donne toujours une ambition purement commerciale, reflet de l'impudeur de certaines maisons de disques.

Est ce donc obscène de découvrir des morceaux inédits de géants disparus? L'arrivée du numérique permet en tout cas de déterrer les pistes oubliées, les maquettes et les pré-enregistrements de nombreux albums historiques. Evidemment cela ramène pas mal d'argent cette petite combine.

De son vivant, Jimi Hendrix, légende ultime de la six cordes, n'a signé que quatre albums dont un live. Ce n'est donc pas une nouveauté de voir sortir des vieilleries du seigneur de l'acid rock.

Bien souvent on nous ressort des live prestigieux ou des morceaux joués lors de jams endiablés. Le seul inédit de ce nouveau disque donne son nom à l'album. Il aurait pu apparaître sur le successeur de "Electric Ladyland".

En 1969, avant son passage à Woodstock, Hendrix s'amuse entre New York et Londres sur de vieux titres (Stone free qui ouvre l'album, rallume la flamme, il n'y a pas de doute).

Billy Cox et Mitch Mitchell compriment le blues déglingué de l'artiste. Heureusement, il possède toujours cet art de se s'enfuir vers un ailleurs rock'n'roll que personne ne pourra découvrir à nouveau.

Le son de la guitare continue de désaccorder notre perception des choses. Le rock selon Hendrix, c'est la destruction obligatoire de la convention. Le riff c'est une machine de guerre contre l'habitude et l'ordre.

La reprise de Sunshine of your love prouve que son instrument diabolise tout, avec un sens de l'improvisation qui prouve la passion d'Hendrix pour le jazz (on sait qu'il aimait beaucoup Miles Davis).

Le disque nous envoie sur une planète au psychédélisme aussi électrique qu'attrayant. A une époque du formatage, la guitare de Jimi Hendrix réveille les espoirs d'une révolte douce et réveille un rock devenu sexagénaire.

Les meilleurs morceaux sont les moins connus car ils laissent de la place à la liberté. Malgré une production qui a ripoliné soigneusement ces enregistrements, le blues rock d'Hendrix honore la témérité et la volonté de l'artiste. Il fait croire au libre arbitre ou à la transcendance.

Son instrument donne la fièvre toujours et encore. On se remet à croire à ce bon vieux rêve du rock éternel et palpitant.  L'art parvient à l'abstrait. Il n'est plus question de musique à ce niveau là, c'est une révélation métaphysique !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 28/03/2010