Etat Critique voyage dans le temps pour célébrer l'été. On a fouillé dans les disques les plus évaporés du rock et on a trouvé des choses épatantes qui sentent bon le patchouli et les pattes d'ef' !
Le jazz fait la java avec le rock. Le son progressif fait naître des plages musicales fréquentables et hallucinantes.
Ce sont trois anciens musiciens de John Mayall's bluesbreakers qui sont les initiateurs du projet Colosseum. Cela se reconnaît sur les trois premiers titres de ce second album. C'est du bon gros rock des années 60.
Les riffs sont lourds. La voix se fait sauvage et les solos sont joliment acrobatiques. La réverbération et l'écho font office de production. Les héros de Colosseum consomment une énergie impressionnante pour exécuter quatre blues délirants.
Le petit plus dans la première partie, c'est un soupçon de soul qui évite l'assommante démonstration de techniques ! Elegy est d'une légèreté subtile, plutôt retro avec une clarinette un peu hors de propos.
C'est le plaisir que procure Colosseum: un groupe finalement de jazz qui s'essaie au rock, avec une certaine réussite sur cet album à la pochette mythique et franchement kitsch ! Très vite la voix s'éclipse. Elle se fait discrète au fil des minutes.
Un orgue fait rapidement la loi. Les quatre titres sont carrés mais s'étirent à mesure que l'on avance. Le naturel revient au galop. Le jam guette à chaque coin de refrain. C'est imminent. Ca va craquer. On le sent. Puis c'est parti pour une pièce monumentale de musique sur trois titres et 28 minutes de délires progressifs, qui renie toutefois jamais sa nature jazz.
Loin des débuts sataniques de Black Sabbath, des blues rugueux de Led Zep ou des plaisirs hallucinatoires de King Crimson, Colosseum ne cache jamais ses influences.
C'est du free jazz harmonieux avec des idées loufoques superposées les unes sur les autres. C'est vraiment ambitieux et en même temps naïf. C'est un disque très bizarre, multiforme, s'échappant dans tous les sens et généreux en permanence. Une vieillerie qui ne manque pas de charme !
"Valentyne suite" est donc un bon gros boeuf, explosif et copieux, où chacun donne le maximum pour tenter d'aborder la musique sous un nouvel aspect. C'est de l'expérimentation joyeuse car John Hiseman et ses compagnons se motivent avec leurs instruments. Dans les années 60, on sent bien cette envie d'osmose et de tentative de véritable originalité.