Le doigté de Kaki King frise la perfection. Jouer de la guitare et chanter aussi bien, le tout en même temps, démontre que l'égalité n'est qu'un concept.
Dès les premières secondes, les arpèges prennent place. Ils ne partiront pas de sitôt. La maestria avec laquel Kaki King évolue sur le manche de sa guitare plonge son auditoire dans un monde doux.
Faut-il y voir un signe du destin ? Son label se nomme Velour recording.
Pour beaucoup d'Américains, où elle naît sur la East coast, Kaki King est certes une grande guitariste, mais elle représente une militante acharnée de la cause lesbienne. Nous, on retient que sa façon de
chanter n'a rien d'engagé. Et on l'a remercie.
On ne compte plus les titres où les cordes grincent. Le charme de la guitare semi-acoustique à son apogée. Les violons s'ajoutent quelques fois aux arpèges. Les images de fonds marins s'incrustent dans nos rétines.
Les longues instrus ne sont pas de trop. Jamais, l'envie de passer à la piste suivante ne se déclenche. Au casque, juste avant de s'endormir, Kaki s'avère plus efficace que les contes de Mamie.
Coup de coeur pour "Jessica". Une chanson où l'artiste engagée ose flirter avec le dub. Evidemment, cela reste très musical et acoustique. Toutefois, ce titre présente une saveur particulière.
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 31/10/2007