Encore un petit brun mal rasé avec une jolie voix et un goût certain pour la musique folk. Plus discret que James Blunt, Matt Costa réalise un joli disque avec des chansons à siffloter. Mais tout cela semble bien familier !
Matt Costa est un petit protégé du surfeur à guitare, Jack Johnson. Ce dernier était d’abord ami avec Ben Harper. Il a surfé musicalement avec G.Love. Puis il a monté son label où il produit ses potes.
De tous, Matt Costa est le plus éloigné de l’univers marin et tranquille de Jack Johnson. Ce n’est pas non plus du hard rock. Disons que Costa a beaucoup écouté Cat Stevens, Leon Redbone et d’autres musiciens des années 60-70.
Son style convoque l’harmonica de Bob Dylan et beaucoup d’aspects empruntent au troubadour américain. Le tout est teinté de pop classique. De tous les amis de Johnson, Costa est le plus standardisé.
C’est pourquoi ce second album déçoit. Produit par le guitariste de No Doubt, le disque ne sort pas vraiment des conventions. Certes l’auteur est talentueux et peut se réclamer des utopies lointaines. Il a l’air très sincère.
Pourtant l’ensemble est trop léger. C’est léché. Les références sont trop envahissantes. Il fait évidemment mieux qu’un James Blunt ou un David Powter, mais le son est trop pop rock, concept si cher à certaines radios !
Le folk de Matt Costa souffre d’une prise de risque proche de zéro. La plupart des refrains se retiennent parce qu’ils donnent l’impression de déjà vu. Il y a bien deux ou trois ritournelles très agréables. Ce n’est pas le genre de disque que l’on déteste. Cependant c’est vraiment le type d’album qui aurait dû nous surprendre.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 26/02/2008