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Vendredi 25 Mai 2012Livre

 Une saison de scorpions

Une saison de scorpions

Bernardo FERNANDEZ

Moisson Rouge - Traduit de l’espagnol (Mexique) par Claude de Frayssinet - 179 pages

Et ta critique ?




Le Senor est en prison à cause d'un salopard qui bénéficie d'un programme de protection des témoins. Le Senor est quand même super bien traité en prison, car c'est… Le Senor, mais il aimerait bien en sortir.


Pour cela, il appelle El Güero. El Güero, c'est la solution. C'est pour ça que Le Senor n'embauche pas Tamés et le Gros. Et comme c'est la dernière mission d'El Güero, vu qu'il part en retraite, Le Senor le paye triple, cadeau de retraite… Alors El Güero va repérer sa cible, le dernier qu'il tuera, pas un problème. Sauf que sa cible est du genre à emmener ses filles à l'école, et en l'observant El Güero sait "distinguer un honnête homme d'un salopard à la façon de traiter ses enfants. J'étais convaincu que ce pauvre diable à la Passat gris métallisé, condamné à l'oubli à Ciudad Portillo, pouvait être un misérable lâche vendu au système des témoins protégés, mais aussi un bon père, et ce n'était pas moi, c'est-à-dire l'homme en noir, qui allais arracher à coups de feu ces deux fillettes innocentes à leur père sous le soleil brûlant de cette matinée poussiéreuse, à la porte de l'école primaire Heroe de Nacozari."

Donc il n'exécute pas le contrat, sachant qu'il se mettra Le Senor à dos et qu'il ne lui restera plus qu'à fuir - une traversée du Mexique au volant d'une Impala 70 noire avec des flammes sur le côté - Tamés et le Gros, ses anciens collègues qui vont devenir ses bourreaux.

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne s'embête pas dans ce polar survitaminé encensé - à juste titre - par Paco Ignacio Taibo II. Ce premier roman de Bernardo Fernandez, couronné à Gijon en 2006, claque à chaque page. C'est sec, nerveux, concis, la construction à plusieurs voix, qui dévoile progressivement le passé des protagonistes principaux, rajoute du rythme et on ne voit pas les 200 pages (enfin un peu moins) passer.


Christophe Dupuis

© Etat-critique.com - 25/01/2009