RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Livre

 Une odyssée américaine

Une odyssée américaine

Jim HARRISON

Flammarion- Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent - 317 pages

Les commentaires

Thibault

Le 20/09/2010

Je viens de finir ce merveilleux petit roman (tout juste sorti en poche) et j'ai passé un agréable moment en compagnie de ce Clif, un type un peu lourdaud, en complet décalage avec une société qui veut absolument nous abrutir à coup de téléphone portable.
Clif pose un regard circonspect sur une modernité qui le dépasse, et rêve d'une tranquille misanthropie. Si comme moi vous êtes le dernier des mohicans à n’avoir pas encore son i-pod, lisez vite ce livre et vous constaterez avec plaisir (ou effroi !) à quel point vous rêveriez d’être un vieux fermier obsolète !

Et ta critique ?




En voiture ! Venez faire un tour dans le vieux break cabossé du père Harrison. A tous les sens, ça déménage.

 


Le dernier roman de Jim Harrison, Une odyssée américaine, est un roman qui fait du bien. Il réchauffe le cœur et les tripes, il émeut et il fait rire. Plus important que tout, il procure du bonheur à son lecteur. De plus, c’est un roman qu’on pourrait qualifier de terre à terre mais je préfère dire qu’il est écrit à hauteur d’homme.

C’est-à-dire qu’Harrison a dépassé les 70 ans et n’a plus rien à prouver. S’il écrit encore, c’est que cela lui donne encore un frisson essentiel et existentiel. Cependant, adieu les grandes envolées ! La littérature, si elle aide à vivre, n’a pas vocation à changer l’existence.

Certaines personnes atteintes de myopie du cœur, peuvent prendre une telle attitude pour de la vulgarité. On les plaint et on leur répond qu’il s’agit de la même vulgarité qui anima Rabelais. Foutredieu !

Et l’existence est une chose à la fois prosaïque et admirable. Même si nos corps accusent le poids des ans, même s’ils grincent et souffrent, ils sont capables de connaître plaisir et extase. En gros, on peut à la fois avoir mal au dos et apprécier un bon vin ou un bon repas.

Cliff a dépassé la soixantaine. Il a d’abord été prof de lettre en fac avant de reprendre la ferme de son beau-père et de devenir agriculteur, vivant au rythme de la nature et des animaux. Sa femme est promotrice immobilière et s’est éloignée de son mari au point de le tromper et de divorcer. La maison commune est vendue et le prof paysan se retrouve sans rien à faire ni personne à aimer.

Il décide alors de partir en voyage dans les états voisins des Etats-Unis. Commence un road-movie terrien où Cliff redécouvre les plaisirs de la chair et tente de trouver un sens non pas à sa vie, mais au moment de vie à venir, au moment futur qui s’ouvre à lui.

A la différence des récits de jeunesse initiatiques, la quête ne mène pas à l’épiphanie, à peine et surtout à un aménagement de la réalité. On ne rêve plus, on n’a plus d’illusions, mais on sait apprécier une jolie femme ou un bon steak (précisons qu’il n’y a pas d’échelle de valeur !).

En vieillissant, Jim Harrison tend moins vers le sublime mais apprécie chaque jour en en suçant la substantifique moelle.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 02/04/2009