Après L'élégance du hérisson, consternant et dégoulinant de bons sentiments, voilà Une gourmandise... qui est en fait le premier roman de Muriel Barbery, que l’on ressort compte tenu du succès du second.
De bonnes âmes bien intentionnées vous le recommandent chaudement avec un "C’est encore mieux que le Hérisson". Vous n’avez guère apprécié cette histoire artificielle de concierge au grand cœur, mais vous n’êtes pas obtus, alors vous essayez…
Et c’est reparti ! Autre histoire, mais même style, même galerie de portraits caricaturaux.
Le plus grand critique culinaire du monde va mourir. Il le sait, aux portes de la mort, il recherche une saveur oubliée et c’est l’occasion de voguer dans les méandres de sa mémoire au gré de ses expériences gustatives. Potagers, sorbets, fruits de mer, chouquettes… Chaque plat est décrit avec minutie et précision. Ces descriptions sont sans doute la partie la plus réussie du livre. Elles ont été inspirées par Pierre Gagnaire et le livre a reçu le Prix du Meilleur Livre de Littérature Gourmande 2008 (et oui, cela existe !).
Les passages gourmands sont entrecoupés de témoignages des personnes qui ont connu le génie et qui laissent échapper leur émotion : ses enfants négligés et pas aimés, son neveu préféré, sa femme soumise et amoureuse, sa maîtresse frustrée, ses collègues jaloux, sa concierge râleuse (c’est une constante chez Muriel Barbery), son chien fidèle…
Muriel Barbery a une vision très caricaturale des rapports humains : chacun joue le rôle qu’on attend. C’est lassant, esquissé sans grâce et finalement sans grand intérêt.
Une gourmandise est un petit livre sans finesse, vite lu, vite oublié, avec quelques descriptions culinaires qui mettent l’eau à la bouche et donnent envie de laisser tomber cette plate lecture pour passer à table !
Véronique Cazaubiel
© Etat-critique.com - 25/07/2008