Avant, on achetait un Amélie Nothomb pour le lire dans le train, par exemple un tgv entre Paris et Lyon. Désormais quelques trajets en RER suffisent.
Chaque année, elle est là avec son petit livre écrit en gros caractère. Excentrique la Belge nous fait rire et on l’excuse presque de ne pas être un auteur inspiré. Amélie Nothomb est plutôt un personnage médiatique qui fait vendre du papier.
Mais que vend-elle cette année ? Une histoire qui lui est arrivée. Grace à sa correspondance légendaire avec ses nombreux admirateurs ! Si la mémoire passe pour du talent, alors Amélie Nothomb est un génie. Elle se souvient de tous les gens qu’elles croisent lors des dédicaces. Elles relèvent toutes les anecdotes. Elle retient tous les prénoms.
Flippante, elle impressionne ses fans qui lui rendent bien en lui écrivant. Son courrier est nombreux mais son attention se pose sur la lettre d’un militaire américain.
Pour cela, on veut bien croire à sa correspondance avec un drôle de gars. Melvin Mapple est un type incroyable. Il raconte sa vie en Irak à Amélie. Cela fait dix ans qu’il se bat là bas. Il a une particularité : il est obèse. A cause du stress, il grossit, il dévore et finit même par se battre contre les maigrichons de sa compagnie.
Amélie est fascinée. Nous aussi. Le personnage est curieux. On en oublierait la pauvreté du texte. Des lettres qui se succèdent avec quelques réflexions de l’écrivain.
Tout cela est un peu facile. Nothomb écrit : un artiste qui ne doute pas est un individu aussi accablant qu’un séducteur qui se croit en pays conquis. On la trouve clairvoyante… à son égard. Le personnage qu’elle raconte est passionnant mais l’écriture ennuie poliment.
Dans la dernière partie, elle prépare un twist rigolo mais attendu. Comme chaque année, cela se lit sans déplaisir mais aussi sans passion. C’est le Nothomb annuel. Rien de plus !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 26/08/2010