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Dimanche 05 Février 2012Livre

Une femme celebre

Une femme celebre

Colombe SCHNECK

Stock - 149 pages

Et ta critique ?




L’héroïne, journaliste et romancière, est accusé de faire d'autofiction narcissique. Un beau moment de clairvoyance dans une lecture pleine de mélancolie.


Jeanne Rosen est sotte. Jeanne Rosen est inculte. Ce genre de remarques, cette journaliste en reçoit des tonnes sur son adresse mail. Elle anime une émission à succès à la radio. A sa grande surprise, ca marche pour elle. Le hasard et l’ambition lui apportent une chance considérable. Elle voudrait s’en excuser.

Elle aime son enfant, son mari et son amant. Ca l’aide à imaginer qu’elle mérite ce qui lui arrive. Pour affronter sa propre vanité, elle se passionne pour Denise Glaser, grande dame de la télévision. Le petit livre de Colombe Schneck a le grand mérite de rappeler le caractère libre de Denise Glaser.

Animatrice de Discorama, Denise Glaser était une femme sans concession. Elle a découvert les plus grands chanteurs comme Barbara, Gainsbourg et tous les autres. Elle aimait les rencontres. Elle était généreuse et profonde. Comme elle était de gauche, elle est devenue encombrante après 1968. La vie ne lui a pas fait de cadeaux. Elle est morte en 1983 sans argent, oublié de tous, sauf Henri Chapier.

Jeanne Rosen, alter ego de Colombe Schnek, plonge dans la vie oubliée de cette femme remarquable. Elle trouve un écho à ses problèmes de pauvre petite fille riche. Rosen-Schneck radote vite ses angoisses.  Rapidement la chronique posthume sert de gadget à la narratrice, obsédée par l’amour, le travail et la santé.

Elle se fait du mal. Elle creuse ses plaies et attend que ca saigne. L’écriture relève du masochisme. Schneck a un style très nostalgique, pleine de regrets et d’amertume. Elle aimerait parfois oublier la réalité (dans les bras de son amant, puissant critique littéraire).

Elle recherche désespérément un sentiment de liberté. Intéressée par le sort de Denise Glaser, elle farfouille finalement beaucoup dans son nombril. La leçon d’histoire intéresse ; la leçon de vie finit par devenir laborieuse et répétitive.

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Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 03/09/2010