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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

Une Banale histoire

Une Banale histoire

Anton TCHEKHOV et Marc DUGAIN

à partir du 11 janvier 2011 de 8 à 39€ Théâtre de l'Atelier - 75018 PARIS

Et ta critique ?




 

Une interprétation déconcertante pour « Une banale histoire ».

 

 

Il est des gens à qui tout réussit. Marc Dugain doit être de ceux-là, lui qui, d’homme d’affaires accompli, s’est reconverti en auteur talentueux (on lui doit, notamment, Une exécution ordinaire, ainsi que La malédiction d’Edgard).

 

Marc Dugain - qui en 2010 s’était attaqué, avec un succès mitigé, à la réalisation d’Une exécution ordinaire - s’essaye cette année au théâtre, en adaptant et en mettant en scène au Théâtre de l’Atelier une nouvelle de Tchekhov. La fin de la martingale ?

 

La pièce nous conte l’histoire de Nicolaï Stepanovitch, un vieux professeur de médecine qui, confronté à sa fin prochaine, devient insomniaque, acariâtre et atrabilaire. Terriblement blasé, il se demande avec le recul comment il a pu aimer autant sa femme, et il exècre tranquillement sa famille. Seule sa pupille Katia lui apporte du réconfort, parce qu’il peut auprès d’elle déverser sa bile.

 

« S’il mouraient aujourd’hui, personne ne s’apercevrait de leur absence. Des Nullités. »

 

Stepanovitch ressasse ses pensées en solitaire. Il est distant, éloigné de ceux qui lui parlent, et en particulier des membres de sa famille, à tel point qu’on a souvent l’impression qu’il n’y a pas de réel dialogue entre les personnages, mais plutôt des monologues en parallèle.

 

Seule l’arrivé de son confrère (incarné par le sémillant Michel Bompoil), semble réveiller quelque peu le vieux docteur, et par la même occasion le public qui suit avec un intérêt mesuré les ruminations du vieil homme.

 

Jean-Pierre Darroussin – respectant en cela l’intériorité de son personnage - se met à distance de ses partenaires, mais cette distance semble parfois trop marquée, presque exagérée. Mais, pourquoi une telle raideur chez Darroussin ? Le comédien se déplace les bras le long du corps et la nuque raide, comme prise dans une minerve. S’il s’agit d’un artifice pour figurer la vieillesse, il n’est pas des plus heureux. (Mais si Jean-Pierre Darroussin souffre vraiment d’un torticolis, qu’il soit ici remercié d’avoir tenu la représentation malgré tout !)

 

La pièce poursuit son chemin à train de sénateur. On ne s’ennuie pas vraiment, mais l’on n’est pas enthousiasmé par l’interprétation qui en est donnée et qui, sans être mauvaise, est assez fade. (Seuls Adrien Bretet et Michel Bompoil apportent un peu d’énergie.) Ce n’est pas désagréable, et c’est même parfois drôle (« On s’ennuie horriblement. Les mouches en meurent ! »). Pour autant, ce spectacle est loin de susciter un choc théâtral. Le meilleur souvenir qu’il me restera de cette pièce sera probablement celui des agréables toiles (signées Jean-Paul Letellier), installées dans le fond de la scène.

 

www.theatre-atelier.com

 

 


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 25/01/2011