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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Undun

Undun

The ROOTS

(Def Jam - 2011)

Et ta critique ?




Inusables, les Roots nous sortent un de leurs meilleurs albums depuis leurs débuts dans les années 90. Et un concept album avec ça.



Mais attention : pas un double interminable, encore moins un opéra-rap. Pas un Tommy en jeans baggy et Timberland. Bien au contraire : 38 minutes, pas plus, et d’une concision, d’une cohérence à faire oublier ces rappers qui ont toujours tendance à en rajouter ou à charger la barque. Le remplissage, aux Roots, c’est pas trop leur truc, en tous cas pas sur "undun".

Inspiré par Redford, un instrumental de Sufjan Stevens, le collectif aux idées larges a voulu raconter l’histoire brève d’un jeune homme mort à 25 ans d’avoir épousé la dangereuse vie de gangster. L’histoire ils la racontent à rebours, en remontant le temps depuis la fin (forcément violente) de Redford. Sans vraiment juger, sans vraiment non plus glorifier la condition de gangsta comme le font tant de leurs collègues.

Comme l’a dit le batteur et DJ ?uestLove, âme du groupe avec le MC Black Thought « Redford est plutôt quelqu’un qui réfléchit, ni une victime ni un héros. Juste un gamin qui commence à ordonner sa vie de la manière qu’il juge la meilleure à un instant donné ». Qui choisit le crime pour échapper à la misère. Et qui en paie le prix.

Plutôt que de nous narrer sa vie, les Roots le font parler, en de longs monologues rappés et chantés, qui reflètent plutôt ses interrogations, ses doutes, et la crainte d’avoir fait un choix sans retour. Tout cela avec forces jeux de mots, double sens et références (If there’s a heaven I can’t find the stairway) qui échapperont peut-être au public français mais qu’importe. Car musicalement, l’album est tout simplement énorme.

Comme ils ont toujours su si bien le faire, les Roots font respirer leur hip hop en y ajoutant bon nombre de « vrais » instruments, ainsi que des refrains soul/R&B du plus bel effet, comme celui de The OtherSide , chanté par le crooner soul Bilal. Qu’ils soient introspectifs (comme le superbe single  Make My  ou  I Remember ) ou plus rythmés ( Kool On  et sa boucle de guitares hendrixiennes), les morceaux sont tous d’une puissance émotionnelle impressionnante pour un onzième album.

Car vraiment si il ya sur la planète hip hop un groupe qui a su faire preuve de constance, ce sont bien les Roots, toujours capables de se renouveler et d’aller explorer de nouveaux territoires musicaux. La preuve est cette suite instrumentale en trois parties qui clôt l’album, reprenant le thème de Sufjan Stevens et quittant totalement les terres hip hop pour s’aventurer vers le classique et le jazz.

Les Roots se sont si bien enracinés qu’on n’est pas près de les déterrer de sitôt !!




Nicolas Lejeune

© Etat-critique.com - 13/01/2012