Vous prenez un peu de Gladiator. Vous recyclez les décors du Seigneur des anneaux. Vous mettez des loups garous et des vampires du Moyen Age ! Vous obtenez un navet d'un autre temps...!
Dans les deux premiers Underworld, la belle Kate Beckinsale se croyait dans Matrix. Elle jouait une vampirette en cuir qui se battait contre les loups garous mais aussi contre des vampires.
Dans ce numéro trois, c’est Rhona Mitra qui remplace la belle anglaise. Elle joue l’ancêtre de la vampirette. Celle qui a osé, la première, l’amour avec un lycanthrope.
C'est donc le Moyen Age. Les vampires usent et abusent des monstres poilus qui finissent par se rebeller. A leur tête, il y a un rocker qui se prend pour Russel Crowe dans Gladiator. Hélas, il a le charisme d’un Bon Jovi à la pilosité plus imposante.
Les esclaves rêvent de liberté tandis que les vampires font de la politique et se querellent sans cesse. Le chef des créatures de la nuit, c’est Bill Nighy, acteur assez génial (découvert en star cynique dans Love actually), qui s’amuse beaucoup. Il en fait trois tonnes dès qu’on le contredit à l’écran.
Grandiloquent, même pour demander une petite tasse de sang, il est le seul effet spécial efficace du film. Autrement, la série continue de recycler assez vulgairement tout ce qu’il se fait dans le cinéma hollywoodien.
Patrick Tatopoulos, spécialiste des effets spéciaux, réalise son Seigneur des anneaux version nocturne. Les décors sont pompés sur la trilogie de Peter Jackson. Les armures aussi. Les épées aussi. La forêt mystérieuse aussi. La musique aussi.
Ca en devient presque fascinant : les auteurs s’imaginent sûrement faire une tragédie grecque version fantastique : ils se mettent au niveau d’un Christophe Lambert des grands jours.
D’ailleurs la pulpeuse Rhona Mitra a débuté dans un nanar légendaire de notre Christophe Lambert à nous, Beowulf. Avec ce Underworld 3, elle retrouve les ambiances moyen-âgeuses et kitsch. Si l’œuvre de Christophe Lambert devient la référence à Hollywood, la crise est bien plus profonde qu’on ne le pensait.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 24/02/2009