Si vous aimez la voix de Jenny Lewis, "Under the black light" vous apportera un plaisir rapide. Sinon, vous écouterez Rilo Kiley en pensant à autre chose : faire la lessive, la vaisselle, ne pas manger trop gras...
Le quatrième album du groupe Rilo Kiley vient de sortir fin août. Il s’appelle Under the blacklight et n’éveille aucun intérêt particulier dans les médias français. Pourtant aux Etats-Unis, Rilo Kiley est un groupe reconnu parmi les "indépendants".
Fondé en 1998 par Jenny Lewis et Blake Sennett (tous deux, dans leur enfance ont joué dans des films et des séries), leur premier album sort en 2001. Le succès ne se fait pas attendre. On entend souvent des titres du groupe dans des séries tv telles que Dawson, Buffy et même dans le premier épisode (le pilote) de Grey’s anatomy. Ces séries jouent un rôle de défricheur et permettent aux jeunes de faire connaissance avec des artistes débutants. Cela multiplie la possibilité de reconnaissance.
Les Rilo Kiley s’investissent dans les bonnes actions, notamment en ce qui concerne un mémorial consacré à Elliot Smith, chanteur décédé et ami du groupe. On les voit régulièrement à la TV dans les émissions de David Letterman ou Conan O’Brien. Quand ils partent en tournée, ils font les premières parties de Coldplay et Bright Eyes.
Tout ça pour dire que les Rilo Kiley méritent notre respect. Quant à retenir notre intérêt ? Leur musique est sympa. On l’écoute sans avoir envie de vomir. Et puis on va chercher dans sa discothèque quelque chose qu’on aime davantage. Parce qu’à un moment ou un autre, on passe toujours aux choses sérieuses.
Le problème de Rilo Kiley est une musique mainstream, un chewing-gum honorable pour les oreilles, sauvé par la voix divine de Jenny Lewis.
Ah ! Jenny Lewis ! Elle a sorti son premier album solo l’année dernière et il était magnifique. Voilà une jeune femme qui a réinventé la Country à elle toute seule. Et c’est peut-être parce que son premier album "Rabbit fur coat" était magnifique que l’on est étonné de la retrouver dans un groupe sympa, mais qui ne vous raidit pas les poils des bras.
Certains critiques comparent Rilo Kiley à Fleetwood Mac… Moi, je veux bien mais un Fleetwood Mac light avec une rondelle de citron. Le seul point commun étant une chanteuse charismatique.
A l’écoute de cet album, on se dit que la musique indépendante américaine a vécu. Ce groupe fournit une musique pop sympatoche qu’on peut réécouter sans problèmes pour la simple raison qu’on l’a vite oubliée. Mais il n’y a pas la rage, la niaque qui est censée appartenir en priorité à la musique indépendante. Ne mélangeons pas tout.
Et mademoiselle Lewis, sachez que nous attendons votre second album, de pied ferme.
Philippe Sendek
© Etat-critique.com - 07/09/2007