Quoi de plus sérieux et respectable qu’un professeur d’université ? Dédiant leur vie au Savoir, lui et ses semblables écrivent articles, livres et discours, se rendent aux quatre coins du monde pour participer à des colloques sur des sujets du plus grand intérêt.
Cela, c’était la vision naïve qu’on pouvait avoir avant de lire le roman de David Lodge et de connaître les tribulations et petits travers de ses personnages, que l’on retrouve pour certains dans d’autres romans de l’auteur (Morris Zapp et Philipp Swallow, par exemple).
C’est par les yeux de Persse Mac Garrigle, jeune professeur Irlandais, que le lecteur découvre, dans une sorte de roman initiatique, l’univers des profs et colloques internationaux… Puis les histoires se croisent, les personnages aussi, à Rummidge, Jérusalem ou Amsterdam. Dans ces colloques, symboles de la mondialisation et de la rapidité des échanges, le confort, les aventures et les mondanités comptent plus que les communications scientifiques.
Ce n’est pas la quête du savoir qui prime pour les membres - tous plus ridicules les uns que les autres - de ce tout petit monde. Elle paraît bien accessoire face à d’autres quêtes : quête de la femme aimée pour Persse Mac Garrigle, du pouvoir pour beaucoup d’autres, ou du divertissement tout simplement. Le monde universitaire décrit par Lodge pourrait se rapporter aussi à d’autres milieux, où l’on repérerait toujours les mêmes enjeux de sexe, de pouvoir et de manigances.
On laissera passer quelques invraisemblances pour apprécier l’humour, la finesse, et causticité de David Lodge, dans un roman qui se lit d’une traite…
Anne Chougnet
© Etat-critique.com - 10/03/2007