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Jeudi 09 Février 2012Art-scène

 Un point c'est tout !

Un point c'est tout !

Laurent BAFFIE

Un point c’est tout, Théâtre du Palais-Royal - PARIS Tél. : 01 42 97 40 00

Et ta critique ?





La dernière pièce de Laurent Baffie traite de  personnages qui font un stage pour récupérer des points sur le permis. Un peu poussif et facile.

Ce n’est pas du Strindberg ni du Beckett, ne vous attendez surtout pas à ça. Non, c’est du Baffie, du pur, du dur. Et du drôle assez souvent. Du franchouillard et du facile, aussi. Il aurait en effet été plus judicieux, plus pertinent, de prendre ses personnages à contre-emploi. Non, le nain qui joue un nain parle de nains, l’alcoolique a une tronche d’ivrogne, le travelo a vraiment connu le bois de Boulogne, et j’en passe. C’aurait pourtant été tellement plus marrant d’avoir un nain alcoolique, un rappeur frimeur blanc, etc. Bref, avec des acteurs à contre-emploi, le public aurait été davantage surpris.

Certes, ce soir-là, les spectateurs semblaient conquis d’avance et prêts à rire facilement. La conjoncture actuelle fait peut-être qu’on veut rire de tout, à tout prix…

Mais parfois, les commentaires lestes et répétitifs de Stella la transsexuelle sont un peu faciles. Et que vient faire cette histoire de « J’en ai plein mon balcon », répétée sans cesse par Mado Maurin, la vieille dame charmante et touchante, la maman du regretté Patrick Dewaere ?

Nicole Calfan joue une bourgeoise femme d’affaires obsédée par les citations littéraires, ; pourquoi pas.

Jean-Yves Tual sait à merveille pratiquer l’autodérision sur les nains. Ah, ce « Et dire qu’il me manquait cinq centimètres pour entrer dans Space Moutain ! »

Patrick Préjean tire son épingle du jeu et Alain Bouzigues, pour qui la pièce semble avoir été écrite et mise en scène, est remarquable. Bouzigues, pour ceux qui ne le situeraient pas encore, c’est la folle perdue dans « Caméra café ». C’est souvent sur scène qu’on voit les grands comédiens et lui sait à merveille tirer parti des décors, de l’espace, des costumes.

Quant au contenu, tout cela a des relents de politiquement correct : le rappeur est un gentil garçon qui aime les grands-mères mais forcément déteste la police, et surtout, on nous rebat les oreilles avec les morts sur la route, la ceinture, l’alcool au volant et le reste.

À quand une pièce sur les méfaits du tabagisme, M. Baffie ?


Marie Léon

© Etat-critique.com - 15/11/2008