Un romancier français se prend pour George Romero et compose un récit sec, cinglant et tout en ironie. Des morts vivants à la française, voilà une drôle de d’idée !
Jean-Pierre Andrevon est une grande figure de la science fiction à la française. Romancier, c’est un touche à tout. Depuis les années 60, son imagination se promène dans tous les genres et cache un doux pessimisme sur l’humanité.
Son premier roman, Les hommes machines contre Gandahar, fut adapté au cinéma, par René Laloux dans un dessin animé joliment poétique, dans les années 80. Avec une trentaine de livres, Jean-Pierre Andrevon anime la science-fiction franchouillarde avec énergie.
Un horizon de cendres fait dans l’horreur la plus pure. Une classique invasion de zombies sur notre territoire, et dans le reste du monde. Un homme observe cette catastrophe depuis son premier jour jusqu’à la fin…
La fin du monde ? C’est fort probable. Le récit va vers un final sans surprise mais avec un entrain qui stimule vraiment la lecture. La première partie apparaît comme la plus originale. Le narrateur découvre un cadavre debout, puis plusieurs. Il s’étonne des réactions des autorités et du monde politique. Il s’inquiète ensuite pour sa femme et sa fille. Enfin il comprend le drame qui s’annonce lorsque les monstres d’outre-tombe se mettent à croquer les vivants.
Andrevon croque lui la société, son immobilisme et son incohérence. L’événement surnaturel provoque des réactions indignes de la part des uns et des autres. L’indignation du narrateur vire au cauchemar lorsque l’angoisse devient intime.
Andrevon applique avec beaucoup de plaisir, tous les stéréotypes chers à George Romero, le papa des zombies modernes. Comme lui, l’horreur démonte les travers de nos sociétés hypocrites.
On est alors un peu déçu par une seconde partie nettement plus axée sur l’action et la survie de plus en plus difficile du héros et de ses malheureux compagnons d’infortune. Ça copie l’efficacité américaine et les fictions sur le sujet.
Cela reste plaisant mais moins virulent et intéressant que les cent premières pages. Cependant, les vertus du fantastique subsistent : transcender la réalité pour mieux révéler ses vérités.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 04/02/2009