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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Un été avec Coo

Un été avec Coo

Keiichi HARA

Eurozoom - 10 septembre 2008 - 2h14

Et ta critique ?




Un seul être peut-il changer le monde ? On peut en douter, mais l’espoir existe à travers une fable moraliste intelligente et bien construite. À déconseiller tout de même aux plus petits.


Le kappa est tiré du bestiaire mythologique japonais. Croisement improbable entre une grenouille et une tortue, ce monstre des rivières arbore une coupelle d’eau sur le sommet de son crâne. Si celle-ci venait à se briser ou à se vider, cela signifierait sa mort certaine. Une vie bien précaire qui ne tient qu’à un bout de vaisselle.

D’après la légende, cet esprit malfaisant tourmentait et entraînait les hommes imprudents au fond de l’eau (à la manière des sirènes de la mythologie grecque). Son faible pour les femmes le conduisait également à les noyer, mais pour des raisons que la décence m’interdit d’exprimer ici. Heureusement, le spécimen que l’on peut croiser dans ce film n’a rien à voir avec ses ancêtres.

C’est dans le Japon médiéval qu’on le retrouve en compagnie de son père, aux prises avec un samouraï. L’issue en sera funeste et laissera un orphelin qui finira enfermé dans un œuf de pierre pour n’être découvert qu’à notre époque, par un jeune garçon.

Baptisé Coo d’après le gémissement qu’il produit en état de faiblesse, il trouve rapidement sa place dans le foyer en devenant un animal de compagnie d’un genre un peu particulier. Unique en son genre, il devra se cacher afin de ne pas terminer sur une table de dissection ou dans un cirque. Mais parfois, tout ne se passe pas comme prévu.

À l’instar des œuvres d’Hayao Miyazaki, la nature est le thème central. Toutefois, les autres parallèles ne sont pas aussi évidents à faire. On ne peut pas vraiment dire que la bestiole soit agréable à l’œil (surtout que le dessin est en général assez sommaire), même si Coo est surtout là pour rappeler à l’humanité les dommages qu’elle provoque. Superbes paysages à l’appui.

Dans l’ensemble moins poétique et contemplatif que les œuvres du studio Ghibli, la démarche n’est pas vraiment la même. En s’éloignant du registre allégorique et en utilisant le quotidien comme trame narrative, le discours est plus clair et se permet des critiques beaucoup plus directes, comme celle d’une société qui se gave d’information en oubliant que le mystère est aussi ce qui fait avancer l’Homme.

Le long-métrage accuse quelques longueurs assez minimes, compte tenu d’un format de deux heures et demie. Ce qui le rendra difficilement accessible aux jeunes enfants, d’autant plus que certaines scènes sont relativement difficiles. Néanmoins, nous sommes réellement en présence d’une belle réflexion sur la recherche du vrai dans nos racines.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 19/09/2008