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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

Un Poison Violent

Un Poison Violent

Katell QUILLEVERE

Avec Clara Augarde, Lio, Michel Galabru et Stefano Cassetti - Sophie Dulac distribution - 4 aout 2010 - 1h30

Et ta critique ?




Crise de foi contre crise conjugale, ce premier film dit adieu à l’enfance et filme avec simplicité les premiers tourments de l’existence.


Anna sort de sa pension et découvre que son père a quitté le foyer. Il lui reste une mère malheureuse, un grand père chafouin et des beaux parents énervés. Dans une semaine, elle doit faire sa confirmation et surtout elle peut passer du temps avec Pierre, son amoureux…

Anna a 14 ans et découvre un monde des adultes un peu effrayant. La réalisatrice, Katell Quillévere, se place à hauteur de la très jeune femme. Son univers s’est écroulé. Sa meilleure amie ne reste pas pour les vacances. Elle est seule face à un petit ami curieux et des parents qui se détestent.

Il ne lui reste que Dieu. Sa confirmation est la seule chose tangible qui lui tienne a cœur. Rapidement, elle s’interroge sur sa foi, face à ce monde abimé par les sentiments et les passions. Son regard change,  ce que filme très bien la cinéaste.

Le temps changeant, la nature plus ou moins accueillante, tous les détails indisquent une métamorphose. L’abandon entraine une vraie mutation et peut être une transfiguration.

Anna découvre les allusions lubriques de son grand père, joué à la perfection par Michel Galabru. Elle devine la jalousie de sa mère et la lacheté de son père. L’enfance la quitte et l’adolescence s’installe avec ses doutes, ses douleurs et ses joies aussi.

Le décor breton est parfait. Les comédiens sont d’une justesse impressionnante. Le naturalisme de la mise en scène n’écrase pas le spectateur. On reste dans l’évocation, parfois un peu appuyé ! On peut s’interroger sur la présence un peu encombrante du prêtre, pris lui aussi dans le piège de l’émotion mais ce premier film, l’air de rien, contient toutes les inquiétudes d’une existence et les qualités d’un film réussi.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 05/08/2010