Un Air de folies est une délicieuse célébration du courant baroque. Sur scène, cinq danseurs, un baryton et deux musiciens nous entrainent dans un spectacle poétique et vivant qui se révèle être aussi d’une grande modernité.
L’ambiance qui se dégage de ce spectacle transporte complètement le public à une autre époque. Lorsque l’on parle de baroque, nous pensons immédiatement au faste, à l’abondance et au brillant.
Pourtant Un Air de folies fait preuve d’une grande sobriété. Les costumes des comédiennes sont une habile alliance entre modernité et baroque, symbolisé par de grands pantalons et des corsets d’une grande simplicité. Quant aux costumes des autres acteurs présents sur scène, ce sont des vêtements contemporains.
L’empreinte du baroque se retrouve dans l’éclairage composé de bougies mais là encore, cet effet est équilibré par un décor pratiquement inexistant et par le peu d’objets utilisés sur scène.
L’ambivalence baroque/moderne se perçoit aussi dans la chorégraphie car elle est partagée en deux temps : danse baroque puis moderne.
On passe d’une gestuelle très aérienne où les danseurs sont distants les uns par rapports aux autres à une gestuelle animale, un corps à corps bestial mais d’une douceur inouïe. Dans cette seconde partie, les danseurs évoluent à même le sol.
On est réellement transporté entre deux époques produisant une même atmosphère qui ne peut que nous séduire. Le jeu scénique entre les danseurs et le chanteur y participe et crée une deuxième histoire à coté de celles chantées par le baryton.
D’ailleurs les thèmes de ces airs étonnent par leur coté sulfureux et donnent un regain de vivacité à la chorégraphie parfois trop lascive.
La dernière séquence du spectacle est une ode aux plaisirs du sexe et du vin. Une conclusion inattendue qui a ravi le public, bien résumée dans le titre : un air de folies…
Rebecca Bory
© Etat-critique.com - 04/02/2009