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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Two grains of sand

Two grains of sand

Piers FACCINI

(Tôt ou tard - 2009)

Les commentaires

Thomas Delavergne

Le 14/04/2009

Et puisqu'on aime beaucoup le dernier album de Piers Faccini à Etat-critique. On vous donne une deuxième chronique ! Celle de notre futur correspondant au printemps de Bourges qui sera bien sûr à son concert...

Quoi de plus désagréable que les critiques dithyrambiques ? Oui, mais quand le génie est là, au risque d’en faire trop, il faut reconnaître que Two grains of sand ne connaît pas la moindre particule de défauts.

Ce n’est pas de la mélancolie, ni de la tristesse, non plus de la tendresse. Le fil rouge de ces douze compositions semblent l’espoir. Piers Faccini arrive, à proprement parler, à vous faire monter les larmes. Mais non, elles resteront en vous pour laisser place à un sourire. The wind that blows en est l’incarnation.

Le violoncelle du touche-à-tout Vincent Ségal – un fidèle qui avait rélaisé son premier opus – apporte une couleur à la candeur faccinienne. Et que dire de Home away from home, titre d’une riche intensité avec la chanteuse zoulou Bushi Mhlongo (rencontré lors d’une tournée en Afrique du Sud), dégage une gouache folle. Voix à dénicher derrière les éternels arpèges de Piers.

La mécanique de cet album s’articule autour d’un lumière tamisée. Les Cévènes, où réside l’artiste depuis quelques années, ont apporté apaisement à ce solitaire qui atenu à travailler chaque instrument. Le coup de patte de Renaud Letand, à la production, a finalisé ce 3e album. On se demande comment faire mieux. Si le songwriter continue sur sa lancée biannuel, réponse sera donnée en 2011.

La chanson hommage à un ami mort d’une overdose (Who loves the shade) est purement et simplement splendide. A l’image de cet album, naviguant entre folk et blues. Une unité pure. Rare.

Thomas Delavergne

Et ta critique ?




Piers Faccini sort Two grains of sand, troisième album du folk man à la voix d'ange. Un album lumineux musicalement et sombre par le fond. A écouter.

Entrez dans l’univers de Piers Faccini. Voix proche du micro, Piers navigue dans un monde qui laisse exprimer une douce désillusion. on comprend mieux pourquoi le chanteur s’inspire d’ambiance gospel, de blues malien ou d’harmonies médiévales.

Plus blues que rock, la rêverie est en marche avec cet album de douze titres qui laisse tinter ses cordes sous toutes formes. Vincent Ségal, réalisateur d’un de ces précédents albums est repassé par là pour encorder certains morceaux et cela donne une jolie cohésion à l’ensemble. La guitare est présente dans tous les titres. La proximité du duo guitare-voix nous laisse parfaitement  imaginer l’écrivain Piers penché sur sa guitare pour élaborer des mélodies aux courbes plus que séduisantes. Piers a quasiment produit l'album tout seul.

Piers ne cherche pas à en mettre plein la vue mais à l’oreille suffisamment fine pour nous étonner avec des morceaux d’une étonnante efficacité. « Two grains of sand » ouvre l’album sur des phrasés vocaux qui nous rappellent un certain Benjamin Fincher. D’autres l’apparenterait à Sufjan Steven, Ray LaMontagne ou Bonnie Prince Billy. Qu’importe, les voix doublées s’entremêlent, alors quand la deuxième s’envole à la tierce, le frisson est garanti.

D’autres morceaux penchent naturellement dans le rock. « A storm is going to come », rappelle la grille d’accords du « A l’envers à l’endroit » de Noir Désir mais si Canta plonge la structure dans une répétition martelée et rock, Piers la fait basculer dans une marche à l’harmonica qui relancera  “the thunder has begun” et qui  sent bon la version concert. On sent déjà les impros venir à grand pas. … Une boucle pour simplement dire encore. Le morceau dure 5’33’’ mais on ne s’en lasse pas. Une harmonie qui percute.

D’autres s’inspirent du blues malien d’un Ali Farka Touré, notamment dans les intros, « Your name no more » ou « time of nought » qui reprend des structures orientales pendant le morceau. L’art de transformer la guitare en luth !

Dans la douceur, Piers est imbattable. Quand il rappelle à la mémoire la disparition d’un être cher emporté par une overdose (Who Loves The Shade) à travers une ballade nostalgique et lucide. Quand il clôt l’album avec « My Burden is light », une complainte qui termine avec simplicité et dénuement l’album.

« Two grains of sand » est à découvrir au calme. Les couleurs et les différentes textures vocales incitent à la rêverie et séduiront à coup sûrs vos oreilles. Apaisant et charmeur. A écouter.








Sébastien Mounié

© Etat-critique.com - 06/04/2009