Les vampires sont romantiques. Si vous avez un cœur de midinette, Twilight sera le premier sommet cinématographique de l’année !
Elle est jeune, belle et triste. Bella arrive dans un petit village pluvieux et boisé pour passer un moment avec son père. Au lycée, elle tombe amoureuse d’un mystérieux élève, Edward. Normal,il est jeune, beau et triste.
Elle passe son temps à se pincer les lêvres. Diaphane, sa beauté suggère le spleen. Il est grand. Il a le regard perçant et une noble attitude. Il cache un lourd secret.
On se permet de le révèler : c’est un vampire ! Une contrainte qu’il partage avec les membres de sa famille, toute pâlote. Heureusement, ce sont des vampires végétariens. Ils se nourrissent du sang des biches de la forêt.
Son début de romance perturbe un peu la famille de saigneurs. Surtout quand arrivent des vrais vampires assoiffés et habillés comme des catcheurs ! C’est ainsi dans le cinéma américain : les vampires sont fagotés comme des gothiques, avec cheveux longs et pantalons en cuir.
L’intrusion des trois goules invite le spectateur à de bonnes tranches de rire. Précédemment, on avait déjà le sourire. L’amour impossible entre Bella et Edward se vautre dans un romantisme béat pour jeunes filles en fleurs. A coté, l’amourette entre Leonardo et Kate dans Titanic ressemble à un film porno.
Catherine Hardwicke, la réalisatrice, assume tous les clichés des bouquins qui seront adaptés dans les années à venir. Ralentis appuyés, regards larmoyants, frôlements des corps, on a droit à tout.Le vampirisme et l’initiation adolescente se mélangent dans une histoire mièvre.
Ca se regarde sans déplaisir et on s’étonne de voir cela de nos jours. Armé d’un second degré, accompagné d’une enfant de 8-15 ans, Twilight est une kitscherie d’un autre temps.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 02/01/2009