Le dernier roman d’Amélie Nothomb, le vingtième chez cet éditeur, était attendu, après quelques déconvenues. Cette fois, il a été largement à la hauteur des espérances de ses fans...
Amélie Nothomb publie un livre par an. Toujours en septembre. Toujours chez le même éditeur. Et ce depuis vingt ans, où l’aventure littéraire de la jeune Belge a commencé avec Hygiène de l’assassin.
Tous les ans donc, un peu partout dans le monde, des lecteurs attendent, inquiets, curieux, fébriles, ce que va leur proposer leur auteur-fétiche, le petit bijou qu’elle aura retenu parmi les quatre ou cinq qu’elle écrit d’une année à l’autre.
Il y a certes les inconditionnels, mais aussi tous les autres, les curieux, ceux qui analysent, comparent, jaugent. Parmi eux, un certain nombre s’avouait déçu depuis quelques histoires. Dès Acide sulfurique, ils étaient sceptiques, perplexes. Journal d’hirondelle comme Le fait du Prince les avait déconcertés, voire lassés.
Et, l’an dernier, Une forme de vie en avait irrité plus d’un. En effet, on était loin de l’humour reconnaissable de l’auteur, de son style alerte et décalé. Où étaient donc passées les nostalgies de l’Asie et de l’enfance ? Et les patronymes improbables ?
Bon, le dernier opus étonne aussi un peu. Voilà que les personnages sont à nouveau aux Etats-Unis, et portent encore des patronymes tout ce qu’il y a de plus courant. Quoi de plus banal, en effet, que Terence ou Joe ?
Mais le reste est bien plus atypique, et l’on retrouve très vite ici le talent de conteuse de Melle Nothomb, les grandes heures de l’écrivain fécond et original. On pourrait s’attendre au déroulement de l’intrigue, comme lorsqu’on évoque le jeu, penser à Las Vegas. Hé bien, non : ici, l’on parle de Reno, pas très loin de a grande cité du jeu, mais moins connue que son aînée. Et tout est ainsi, au fil des pages : surprise…
D’ailleurs, les 150 pages –impeccablement calibres comme d’habitude - se laissent lire avec grand plaisir et non plus ennui ou agacement. Revoilà une vraie histoire, des sentiments, de la chair, de la vie. Et le talent de l’écrivain à souligner la sensualité et l’affect rassure. Nothomb est revenue.
Marie Léon
© Etat-critique.com - 12/10/2011