RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Tucumcari

Tucumcari

Sammy DECOSTER

(Barclay - 2009)

Et ta critique ?




Un petit gars du nord s’imagine en Amérique. Il se voit bien en star de la country. Nous, on le voit bien en star du rock français !

Assis sur une chaise en bois avec un gros chien noir à coté de lui,  Sammy Decoster prend la pose pour la pochette de son premier disque. Il a beau être tout seul, la photo rappelle les illustres albums de groupes illustres comme le Creedence Clearwater Revival ou Crosby Stills & Nash.

Decoster a écouté beaucoup de musiques venues d’Amérique. Son premier album, Tucumcari est un hommage au rock 100% yankee. Il y a du blues, du rock, du folk et même des choses encore plus ancestrales. On entendrait presque Elvis Presley chanté en français.

"Tucumcari"  est une preuve tangible que l’on peut traduire un style résolument américain avec des paroles bien de chez nous. Beaucoup s’y sont cassés les dents. Sammy Decoster colle aux traditions de la musique américaine avec une aisance qui force le respect.

Sammy Decoster porte donc le costume d’un vrai héros américain mais se réserve de chanter en français. Cela marche prodigieusement bien. Il a une voix tout en velours qui sait s’écorcher pour faire monter la tension. On est peut être dans l’exercice de style mais c’est exécuté avec une profonde passion.

Dans le pire des cas, on pourra voir un Chris Isaak franchouillard mais son disque est une promenade dans l’Americana, avec des commentaires en version française. Pour une fois, on ne regrettera pas la version originale.

Dick Rivers peut arrêter de brosser sa banane. Johnny Hallyday peut prendre enfin sa retraite. Alain Bashung doit deviner enfin des héritiers. Depuis quelques temps le son rock se renouvelle en France avec des petits malins comme La maison Tellier ou ce nouveau venu.

Le rock redéfini par les Français se fait plus sombre, plus pesant et plus musical. Les sons respectent la tradition roots de la musique mais les paroles s’enveloppent dans le spleen existentiel de la mythologie américaine. Tous les fantômes des légendes se promènent sur ce disque.

Cela donne douze chansons qui sentent bon le sud des Etats Unis. Ce sont de douces cavalcades poussièreuses mais pas rétrogrades. L’électricité s’enlise délicieusement dans des riffs antiques. Le jeune petit Français déclare son amour à l’Amérique. Avouez que ce n’est pas très habituel dans notre petit Hexagone !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 27/02/2009