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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Tu passes à la caisse… pour voir la Benz.

Tu passes à la caisse… pour voir la Benz.

. NTM

NTM, Concert à Bercy, Septembre 2008

Et ta critique ?




Première impression lors de la première partie – où Seyfu et son rap radical pronant le métissage a proposé une belle prestation : « Y a quand même beaucoup de petits blancs… ». Je décide de mettre mes clichés de journaleux aux vestiaires, car je n’oublie pas que je fais partie de cette population capable de payer 67 € sa place. Puis avec un minimum de lucidité, fallait pas imaginer que le RMIste du 9 cube soit dans la place (un quart des 17.000 spectateurs à mes yeux)...

Pourtant, peu après le début du concert, entamé avec le prévisible mais légitime Seine Saint-Denis style, Joey n’a pas pu s’empêcher de nous demander de mettre le point en l’air. « Résistanceeeeee ». En haut à droite des gradins, un mec est resté assis. Le jaguar l’a repéré : « Oh tête d’ardoise, si t’estimes que t’as payé assez cher pour pas lever ton cul et ton poing, tu sors OK ? » OK, le ton est donné. Il est interdit d’être de droite à un concert de NTM. Aussi anti-démocratique que soit la méthode, c’est quand même ça qui fait qu’on les kiffe grave les deux néo-quadra. Pour leur côté toujours radical, 25 ans après leur début.

On vous évitera une trop longue revue de détails des chansons. Ce qui est certain, ce que les deux potes ont bien travaillé leur choix de titres. De Authentik (1991) en passant par 1993... J'appuie sur la gâchette (1993) et Paris sous les bombes (1995) ou encore Suprême NTM (1998), l’éventail représentatif de leur talent était bien là.

Police a mis le feu, évidemment. Et comment ne pas esquisser un sourire quand l’ironique Joey conclut par un « Est-ce bien raisonnable ? » venu du fin fond de ses intestins. Un live tout aussi prenant que Qu’est ce qu’on attend (avec des flammes qui sortaient des deux côtés de la scène) enchaîné dans un Bercy incandescent avec une version sureprenante de Laisse pas trainer ton fils, entre rock et reggae. Eh oui, parmi les nombreux featurrngs, les Wailers étaient de la partie.

Vexé que le POPB ne connaisse pas de A à Z La Fièvre que le duo voulait nous faire chanter a cappela, la réplique fuse : « Vous connaissez même pas les face A, alors qu’est-ce que ça va donner avec les face B ». Et ça repart avec Check the Flow. Magique ! Les féministes auront moins apprécié les danseuses en cage en haut des deux DJ, et le fait qu’elles viennent se frotter à coup de « Bouge ton corps de femelle »aux stars du hip-hop. Les mecs, eux, ne pouvaient que baver devant de tels corps qui « ondulent comme un ver de terre »

Le 15 juin, Kool Shen annonçait : « Si on s'est remis pour faire Bercy, ce n'est pas pour blaguer. » On en a eu le confirmation. Cela étant, le couplet sur les difficultés liées au pouvoir d’achat et demander « plus de solidarité, car les fins de mois sont plus difficiles aujourd’hui qu’il y a 10 ans », ça fait doucement sourire… Surtout quand des mecs vous préviennent à la sortie de Bercy que la vente du CD est possible dix minutes après le concert pour 20 €…

Rien de surprenant in fine. Car n’oublions pas que l’origine du nom NTM a commencé par une campagne d'autopromo sur les murs de Paris. Nul besoin des techniques de vente des écoles de commerce pour ce duo qui a toujours su se vendre.

Vidéo : Le second et dernier rappel du concert de samedi soir. Seine Saint-Denis style repris sur l’instru de Smells like teen spirit ! Avec leur portable pointé en direction de la scène pendant tout le concert, pas de doute qu’il était là l’esprit adolescent…


Thomas Delavergne

© Etat-critique.com - 10/10/2008