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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Trois petits tours

Trois petits tours

Thomas FERSEN

(Tôt ou Tard - 2008)

Et ta critique ?




La quatrième chanson du nouveau Thomas Fersen s’appelle Formol. Un signe de ce qu’il se passe dans ce nouvel album : le chanteur ne cherche plus à surprendre. Et s’endort dans son délicieux univers.

Musique de bois, musique de fer, les chansons de Thomas Fersen forment une grosse brocante au charme évident. Mine de rien, cela fait longtemps que l’ancien punk joue le titiparisien musicien.

Photographié la première fois par Robert Doisneau, Thomas Fersen a réussi à s’échapper de l’image de poète de Paname, à la gouaille rieuse. Depuis une quinzaine d’années, il a fabriqué un univers faussement naïf où les animaux imitent les hommes, où les objets vivent de belles émotions…

Poète et gouailleur, Thomas Fersen est un personnage attachant amenant dans le monde des adultes, des (jeux de) mots enfantins. Il promène sa candeur dans des mélodies légères souvent marqués par le génie de l’arrangeur Joseph Racaille.

Les trois premiers tours de chant de ce nouveau disque rappellent toute la joliesse de la planète Fersen. Il y a une valise qui s’appelle Germaine, un yukule célébré et du chocolat qui provoque une drôle d’ivresse. Ce Chocolat est l’une des meilleures chansons de Fersen : ironique et tout en second degré, c’est un régal.

Puis au quatrième titre, Formol, une grande fatigue semble tomber sur le chanteur. Ca se disloque. Ca se répète. Le type déguisé sur la couverture avec sa barbe poivre et sel est étrangement tout mou. Il n’amuse plus. Ses chansons ressemblent à des fins de pistes des albums précédents.

Le disque manque de lien et de justesse. Il s’éparpille dans sa musique de bric et de broc. Il y a bien quelques moments touchants mais on ne reconnaît pas l’amoureux des mots et des musiques feutrées. 

Ce nouvel opus ressemble à une gestion heureuse. Fersen a du talent mais ne se met plus en danger, ne tente plus et fait poliment ce que l’on attend de lui. Il fera sourire ses fans, les mamans et les enfants. Après un album de reprises au yukule, la panne d’inspiration semble sérieusement continuer… Faudra se contenter du Chocolat.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 06/10/2008