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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Tribal

Tribal

. DR JOHN et The LOWER 911

(429 records - 2010)

Et ta critique ?




A bientôt 70 ans, le bon docteur John continue de prodiguer ses bons conseils bluesy. Ses consultations sont toujours aussi précieuses.



Au début de sa carrière il chantait le soleil, la lune et les herbes. Il aimait beaucoup se déguiser comme un sorcier vaudou. Désormais, il va jusqu'à son piano, avec une canne à la main et une malice communicative cachée derrière une barbe grisonnante.

Malcom John Rebennack avait confondu avec un certain talent le blues ancestral et le psychédélisme des années 70. En vieillissant, il s'est appuyé sur les vieilles racines et a oublié plus ou moins le culte du déguisement. Secrètement, il sait que Elton John était battu. Dr John a le talent discret et vit la victoire humblement.

Car en matière de pianiste chanteur à l'embonpoint charmant, personne ne peut battre ce personnage atypique qui joue avec passion depuis 50 ans. Il a la tradition de la Nouvelle Orléans dans le sang et ses chansons baignent dans une ambiance aussi moite que celle de "Minuit dans le jardin du bien et mal" de Clint Eastwood .
Ce type là, on dirait le Sud !

Tous les deux ans, il nous donne des nouvelles. Elles prouvent bien souvent la bonne santé du bonhomme. Un blues capricieux et jamais respectueux des conventions. La voix éraillée entraine toujours ses compositions vers un ailleurs musical, un eden entre folklore et jam libéré.

En grand père aimable, il tente moins de surprendre mais sa musicalité est bien trop différente pour que Dr John nous abandonne sur une ordonnance décevante. Les petites ambiances créole survivent. Le boogie est conseillé et surtout les cuivres donnent la fièvre.  Ne vous inquiétez son premier titre s'appelle feel goog music. Il reste un bon sorcier !

En déçu de l'après Katrina, il défend avec une nouvelle conviction ses morceaux plutôt âpres, nourris de l'histoire (on a droit à des chants indiens) et de la diversité musicale de la Nouvelle Orléans. Ce disque retrouve les qualités du véritable "trip". Le funk, le rock, le jazz et la world servent de carte pour découvrir les mystères de l'univers du bon docteur.

Comme Tom Waits, Dr John conserve précieusement les secrets des mythes américains. Sans devenir une caricature. Il s'obstine et déclare à chaque chanson son amour pour son art.
Cette impressionnante conviction fait tout le charme de ce nouvel album envoutant !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/09/2010