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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Traces du Sacré

Traces du Sacré

Centre POMPIDOU

7 mai - 11 août 2008 11h00 - 21h00 12 €, 9 € Nous vous conseillons de visiter l'exposition Traces du Sacré le week-end après 17h (fermeture à 20h50) ou le jeudi en nocturne (fermeture à 22h50).

Les commentaires

étudiant

Le 30/08/2008

sérieux du sujet, souci du détail mais fourre-tout.

Et ta critique ?




 

Dieu est mort !

"Dieu est mort", c’est entendu. Et l’Homme avec lui. Très exactement à Auschwitz, est-il besoin de rappeler les dates ? Mais avant Dieu, il y avait des dieux et des hommes pour les adorer, les implorer et les maudire à l’occasion, si le sort demeurait contraire ou le Ciel silencieux. Nous sommes toujours ces hommes-là que la mort du Dieu unique a libéré et, du même coup, paradoxe apparent, rendu au Sacré.

Le Sacré n’est pas univoque. Il est l’intuition d’une transcendance à laquelle nous ne voulons désespérément pas renoncer. Il se traduit par ce respect irraisonné des Signes dont témoignent les fous, c’est-à-dire, de tout temps, les artistes. Depuis la paroi de la Caverne où l’on anticipe la chasse du lendemain, jusqu’aux encres de Hugo traquant la lumière des nuits marines, en n’oubliant pas Herman Nitzche faisant fresque de son sang au temps de l’Actionnisme Viennois, retrouvant l’origine de la Tragédie dans le démembrement sacré de Dionysos, la quête se poursuit, obsessionnelle, d’une Forme qui se dérobe.

Un grand Art est un art qui fonde une civilisation, me répétait mon professeur d’esthétique. Nous n’avons plus aujourd’hui ni grand art ni civilisation. Restent des traces. Ces « traces du Sacré » que le Centre Pompidou nous convie à découvrir à travers leurs multiples expressions, et à suivre jusqu’au 11 août prochain. L’exposition est d’une grande richesse : quelques 350 œuvres majeures dont de nombreuses rarement exposées, l’auto portrait d’Aleister Crowley par exemple pour ceux qui se souviennent des riches heures de la « Golden Dawn »…La peinture donc mais aussi la sculpture, les installations, les vidéos, les enregistrements (Artaud)…

Il faut prendre son temps dans ce parcours envoûtant, s’y livrer voluptueusement aux rencontres inattendues, se mesurer aux visions provocatrices, oser aller voir de près ce petit garçon laissé tout seul à genoux contre le mur, dans une grande pièce blanche, ce petit garçon et son visage terrible qui nous ramène à la mort de l’Homme, à celle de Dieu, impitoyablement.

Ces « Traces du Sacré », ce sont en définitive, nos propres empreintes, toutes singulières, repérables seulement par nous-mêmes, dans l’obscurité de l’Univers indifférent.».




Une autre chronique de Rebecca Bory : Traces du Sacré


Gilbert Provaux

© Etat-critique.com - 26/07/2008