Avec Zoe Heran, Malonn Levana, Sophie Cattani et Matthieu Demy - Pyramide - 20 avril 2011 - 1h22
Et ta critique ?
Un film simple et réussi sur un garçon manqué à découvrir en dvd!
Céline Sciamma a de la suite dans les idées. Son deuxième film ressemble à son premier, La naissance des pieuvres. Au coeur de son film, ce sont la jeunesse des sentiments et l'identité sexuelle qui inspirent la jeune réalisatrice. Tomboy continue sur cette voie troublante.
Avec une dizaine d'années au compteur, Laure déménage trop souvent et doit à chaque fois découvrir un nouveau quartier et des nouveaux camarades de jeux. Pendant les grandes vacances, elle retrouve ses parents et sa petite soeur dans un appartement inconnu. La solitude plane sur la courte vie de Laure.
Le père doit faire ses preuves dans son job tandis que la mère reste dans sa chambre. Un troisième enfant est imminent. Pendant ce temps, Laure a une étrange idée pour rencontrer de nouveaux copains: avec ses cheveux courts, elle se fait passer pour Mickael!
Mickael joue au foot. Mickael n'a pas peur de se mettre torse nu et cracher. Quand on ennuie sa petite soeur, il ferme les yeux et cogne. Tout cela a l'air de plaire à Lisa, la petite voisine... Le suspense n'est pas dans la supercherie. La rentrée des classes amènera une vérité cruelle pour les enfants.
La cinéaste préfère s'intéresser à son héroïne. Elle scrute son petit travail de faussaire. Le film fait toucher ce frisson ultime qu'est le mensonge puis son risque d'être découvert. Laure devient Mickael et fait tout pour que cela devienne une réalité, loin du regard des adultes.
La caméra reste à hauteur des enfants et filme leur innocence, le goût du jeu mais aussi l'amertume qui pointe. Céline Sciamma reste tendre avec sa menteuse et ses amis. Jamais démonstratif, Tomboy suggère et évite d'affirmer. Le personnage central esquive. La caméra effleure.
On ne met jamais les pieds dans le plat du film sociologique et bien pensant. C'est juste une chronique douce sur l'enfance, sa fin et les vérités qui commencent à éclore. Court, allant à l'essentiel, le film reste intense. Sa simplicité est touchante. C'est très beau. Rien de plus et rien de moins.