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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Toki

Toki

Sankai Juku SANKAI JUKU et Ushio AMAGATSU

Toki (2005) du 14 au 17 mai 2008 Théâtre de la Ville, Châtelet

Et ta critique ?





Une danse lente et répétitive qui peine à créer l'émotion malgré l'indéniable beauté des mouvements.

L’entrée en matière est belle : quatre hommes sur le dos, les jambes ramenées sur le corps, ressemblent à un bouquet de fleurs humaines ; trois autres sont dos à la salle, face à des plaques métalliques façon Richard Serra.
Ces trois-ci évoluent au ralenti, passant extrêmement lentement d’une posture à l’autre. Ces quatre-là sont quasiment immobiles.

Tout est lent, très lent, et l’on espère que les choses vont s’animer un peu . Or, même lorsque la musique (sorte de Vangelis intimiste, synthé mâtiné de sons minéraux ou métalliques) accélère un peu, les danseurs restent désespérément impassibles et statiques.

Les sept hommes au crâne rasé et au corps glabre évoluent le plus souvent avec la bouche grande ouverte. Cette bouche, ouverte de surprise, pourrait figurer l’abandon, l’allégresse des danseurs. Mais, ces bouches et ces visages fardés les font plutôt ressembler au Cri de Munch, figurant une souffrance déchirante et muette.
Tout évoque une horreur indicible ; tout rappelle la souffrance et la mort. Les danseurs se couchent pour se relever aussitôt, comme des zombies au buste et aux bras raides. Ils ressemblent à des morts-vivants, à des vieillards trop secs et trop lents pour partager une expression ou pour susciter autre chose que le malaise (et l’ennui !).

Les expressions sont si étirées et si raides qu'elles finissent par n’être plus visibles ; et les mouvements sont tellement répétés qu’on n’arrive plus à apprécier leur beauté.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 30/05/2008