La musique folk fait son grand retour. Il est de bon ton de se faire des nattes d’indiens, de prendre une guitare sèches et de chanter des textes pleins d’espérance. Alela Diane fait cela très bien.
Il ne faut pas confondre Alela Diane avec Mariee Sioux. Pourtant les deux jeunes femmes sont bel et bien les descendantes artistiques de notre chère Joan Baez. La guitare en bandoulière, elles défendent un folk dépouillé et utopique.
Originaire du Nevada, Alela Diane porte avec aisance l’héritage de la musique folk et s’accommode en créant une vraie ambiance doucement psychédélique. Lenteur, voix haute, elle fabrique un univers retro, acoustique et ouaté. Alela Diane apprécie les humeurs d’entre deux. Au petit matin ou en début de soirée, son disque passe très bien.
Ce second album, après le remarqué The Pirate’s gospel, est confortablement produit. Une slide guitare ouvre le bal et se fait rejoindre sur le second morceau par un violon des plus classiques. On entendra aussi des sons très bluegrass. La production est soignée mais ne tombe pas dans l’excès.
Ce qui fascine sur To be still, c’est la voix de la chanteuse de 25 ans. Les instruments ne font qu’accompagner cette voix acrobatique mais pleine d’humilité. Comme dans le premier opus, la modestie est la principale qualité. Elle fait appel aux fantômes de la musique traditionnelle. Ils hantent parfaitement les compositions.
Bien entendu, on a le droit de regretter qu’il n’y ait pas un peu de surprise, mais la belle soigne l’atmosphère champêtre et chaleureuse. La véritable audace de l’artiste c’est de chercher le minimalisme folk d’un Nick Drake. Une orchestration légère et une voix.
Avec cela, elle accroche notre attention. Il est vrai qu’avec elle, on voyage au cœur de l’Amérique. On s’imagine dans le film des frères Coen, O’Brother. La promenade dans l’Americana est appréciable. Elle fait même respirer le bon air.
Hélas, l’auditeur français est peut être trop cynique pour tant d’idéalisme musical. On imagine notre chanteuse dans sa cabane en bois dans les Rocheuses. On fabrique sur ces chansons une belle image de la mythologie américaine mais on finit par compiler les clichés.
Cependant la joliesse de l’ensemble est évidente. Le folk devrait connaître des jours heureux avec son surprenant revival. Alela Diane prouve en tout cas que les traditions ne doivent pas appartenir qu'aux vieux réactionnaires!