C’était pendant les premiers jours de l’été 1996...
En totale perdition, j’errais misérablement dans "l'Espace culturel" du Leclerc de Gonfreville l’Orcher.
Déjà maintes fois fouillé, le bac à soldes du rayon musique ne contenait plus que des compilations sans intérêts de vieilles gloires sans âmes, ainsi que des albums « évènements » de jeunes talents depuis longtemps oubliés.
A ce manque d’intérêt général s’ajoutait une chaleur étouffante et une inquiétude de plus en plus oppressante : combien d’autres jours comme celui-ci vivrai-je encore ?
Sans espoir, je m’accrochais à la première borne d’écoute venue. La musique qui s’échappa des écouteurs glissa voluptueusement dans ma boîte crânienne, jusqu’au dernier souffle de Carrion, dernière chanson du premier album de Fiona Apple.
Mille fois écouté depuis, "Tidal" éveille encore aujourd’hui beaucoup plus que l’album de mon été 1996. Premier album d’un artiste contemporain placé sur le même piédestal que mon triumvirat The Beatles - Gainsbourg - McCartney solo, "Tidal" est l’amorce d’un désenclavement musical.